Pourquoi l'Érythrée oblige-t-elle ses citoyens à déposer leur argent dans les banques ?
L'Érythrée recycle-t-elle la liquidité dans les banques ? Contrôle financier ou réforme économique ?

Écrit par : Badr Ahmed
La Banque Centrale d'Érythrée a émis de nouvelles instructions obligeant tous les citoyens et institutions à déposer la totalité de leurs liquidités en monnaie nationale, le Nakfa, dans les banques commerciales avant la fin du mois de juillet en cours, le décret entrant en vigueur immédiatement. Il s'agit d'une mesure qui reflète le renforcement du contrôle des autorités sur la liquidité monétaire circulant en dehors du système bancaire.
Et conformément aux directives, il est interdit de détenir de grandes sommes de nakfa hors des banques pendant de longues périodes, en soulignant que la violation de ces instructions exposera leurs propriétaires à des poursuites judiciaires, sans que la banque centrale ne précise la nature des sanctions qui pourraient être imposées aux contrevenants.
L'Érythrée oblige ses citoyens à déposer leur argent dans les banques.
Les autorités ont également appelé les citoyens qui ne possèdent pas de comptes bancaires à ouvrir rapidement des comptes et à y déposer leurs espèces avant l'expiration du délai imparti, dans le cadre d'un plan visant à introduire le plus de masse monétaire possible dans les circuits bancaires officiels.

Ces mesures interviennent dans un contexte de restrictions déjà existantes sur les retraits d'espèces, étant donné que la réglementation bancaire en Érythrée ne permet pas aux titulaires de compte de retirer plus de cinq mille nakfas par mois, ce qui reflète l'approche restrictive adoptée par le gouvernement dans la gestion de sa politique monétaire.
Les observateurs estiment que cette décision vise à redonner de la liquidité hors du système bancaire, à renforcer la capacité de l'État à surveiller les flux d'argent et à resserrer le contrôle sur la masse monétaire, dans un système financier qui se caractérise par un contrôle strict des devises étrangères et des activités bancaires.
Et cette mesure ne sera pas une première, puisque le gouvernement érythréen avait déjà pris une mesure similaire il y a plus de dix ans lors d'une réforme monétaire, lorsqu'il avait contraint les citoyens à déposer tous leurs fonds liquides dans les banques, parallèlement au retrait de la nouvelle monnaie nationale.

À ce moment-là, le gouvernement a justifié la décision par la nécessité de lutter contre les transferts d'argent illicites et de renforcer la stabilité économique, bien que ces mesures aient suscité des critiques de la part d'économistes qui ont estimé que des restrictions strictes sur les transactions en espèces avaient ralenti l'activité commerciale et réduit la flexibilité des familles dans la gestion de leurs dépenses quotidiennes.
Alors que la nouvelle décision entre en vigueur, tous les regards se tournent vers le degré de respect par les citoyens et les institutions des délais impartis, ainsi que vers les répercussions de cette politique sur l'activité économique et la liquidité sur les marchés, dans le cadre de la poursuite de l'approche gouvernementale visant à renforcer le contrôle du système financier.



