Rapport SITA 2026 : l'Afrique enregistre le taux le plus élevé de bagages perdus dans les aéroports du monde
Aéroports d'Afrique

Écrit par : Ayman Ragab
Un rapport SITA 2026 sur la technologie de l'information des bagages révèle que l'Afrique enregistre le taux le plus élevé au monde de perte et de mauvaise manipulation des bagages, soit 12,1 sacs pour 1000 passagers. Cet indicateur reflète les défis persistants liés à l'infrastructure aéroportuaire, à la complexité des vols internationaux et au manque d'intégration numérique dans le système de transport aérien du continent.
Le rapport a précisé que ce taux dépasse toutes les autres régions couvertes par l'étude, malgré les progrès réalisés par l'industrie aéronautique dans l'utilisation de solutions numériques pour réduire les problèmes opérationnels et améliorer l'expérience des passagers.
Le rapport estime que la mauvaise gestion des bagages ne reflète pas seulement le niveau de qualité des services, mais représente également un indicateur de l'intégration des systèmes technologiques au sein des aéroports et des chaînes d'approvisionnement, car la perte ou le retard des bagages entraîne une augmentation des temps de traitement, une hausse des coûts d'exploitation et une diminution de la confiance des voyageurs dans les compagnies aériennes.
Indicateurs de performance en Afrique
Selon le rapport, le coût moyen d'un sac mal géré en Afrique est d'environ 240 dollars, par rapport à une moyenne mondiale de 260 dollars. Bien que le coût par sac soit plus bas, le grand nombre d'incidents multiplie les charges d'exploitation pour les compagnies aériennes.

Le rapport a souligné que les vols internationaux représentent l'environnement le plus sujet aux problèmes de bagages, compte tenu des nombreux vols de correspondance, de l'implication de plusieurs entités responsables de la manutention, et des courtes périodes de transit entre les vols.
Au niveau mondial, le taux de mauvaise manipulation des bagages est de 1,65 sac pour 1 000 passagers sur les vols intérieurs, contre 9,12 sacs sur les vols internationaux, ce qui reflète l'impact significatif des complexités logistiques sur l'efficacité opérationnelle.
Le rapport a confirmé que l'Afrique, aux côtés de l'Europe et de l'Amérique du Nord, est l'une des régions les plus touchées par les problèmes de bagages sur les vols internationaux, en raison de facteurs tels que l'infrastructure obsolète, des capacités limitées et le manque de coordination entre les compagnies aériennes, les aéroports et les sociétés de manutention au sol.
Un coût économique qui dépasse la valeur des compensations
Le rapport a précisé que la diminution du coût moyen de traitement d'un bagage perdu en Afrique ne signifie pas une réduction de son impact économique, car chaque cas implique des opérations de recherche, de suivi, de réacheminement et des dédommagements potentiels, ce qui impose des charges supplémentaires en termes de ressources humaines et techniques pour les compagnies aériennes.
Il a souligné que l'augmentation de la fréquence des incidents opérationnels entraîne une augmentation des coûts globaux, ce qui fait de l'amélioration de l'efficacité de la gestion des bagages un élément essentiel pour renforcer la compétitivité des compagnies aériennes et améliorer l'expérience client.
Les données et l'intelligence artificielle sont la clé de la solution
Le rapport estime que le problème essentiel ne réside pas dans le manque de données, mais dans leur faible échange entre les différentes entités opérant au sein du système aéroportuaire.
Il a souligné que le défi actuel consiste à rendre les informations disponibles en temps réel, ce qui permet d'anticiper les problèmes avant qu'ils ne surviennent, au lieu de les gérer après coup.

Il a souligné que l’utilisation des technologies d’intelligence artificielle, des systèmes de suivi numérique des bagages, de l’automatisation des processus et de l’échange de données entre les compagnies aériennes, les aéroports et les prestataires de services, contribue à réduire la probabilité de perte de bagages, à améliorer la gestion des vols et à tenir les passagers constamment informés de l’état de leurs bagages.
Comparaison des régions
Selon le rapport, l'Afrique a enregistré le taux le plus élevé de mauvaise manipulation des bagages, avec 12,1 bagages pour 1 000 passagers, suivie par l'Europe avec 10,5 bagages, puis l'Amérique du Nord avec 5,6 bagages, et le Moyen-Orient avec 5,0 bagages, tandis que la région Asie-Pacifique a enregistré la meilleure performance avec un taux de 3,41 bagages pour 1 000 passagers.
Quant au coût moyen par sac, il s'élevait à 240 dollars en Afrique, 295 dollars en Europe et en Amérique du Nord, 280 dollars au Moyen-Orient, 210 dollars en Asie-Pacifique et 290 dollars en Amérique du Sud.
Le rapport conclut que l'amélioration des performances du secteur aérien en Afrique dépend davantage de l'accélération de la transformation numérique et de la connexion de toutes les parties prenantes du système de transport aérien dans un réseau d'information unifié, plutôt que de la seule expansion des infrastructures. Il souligne que l'augmentation de la transparence et du partage des données constitue le facteur le plus influent pour réduire les taux de perte de bagages et améliorer l'efficacité opérationnelle.



