Les importations de riz du Sénégal atteignent 590 millions de dollars
Le Sénégal enregistre le deuxième plus haut niveau d'importations de riz de son histoire, dans un contexte de crise pour les agriculteurs.

Écrit par : Badr Ahmed
Les importations de riz du Sénégal ont connu une augmentation significative en 2025, au moment même où le gouvernement est confronté à des défis croissants pour protéger la production locale face à la forte concurrence du riz importé, notamment des marchés asiatiques, alors même que le riz est la culture vivrière la plus consommée et la plus cultivée du pays.
Les importations de riz du Sénégal
Les données de l'Agence nationale des statistiques et de la démographie, publiées fin juillet, ont montré que la valeur des importations de riz a atteint 336,7 milliards de francs CFA, soit environ 590 millions de dollars, en 2025, une augmentation de 6,81 billions de tonnes par rapport à 2024. Le volume des importations a également augmenté pour atteindre 1,47 million de tonnes, contre 1,38 million de tonnes l'année précédente, enregistrant le deuxième niveau le plus élevé de l'histoire du pays après le record établi en 2022.
Le Sénégal est le troisième importateur de riz en Afrique après le Nigeria et la Côte d'Ivoire, et ses importations ont augmenté depuis 2015 d'environ 501 000 tonnes en quantité et de 731 000 tonnes en valeur, après avoir atteint environ 989 000 tonnes pour une valeur de 194,6 milliards de francs africains.

En revanche, le secteur local de la production rizicole est confronté à une pression croissante en raison des difficultés de commercialisation des récoltes, ce qui a incité le gouvernement à prendre une série de mesures pour soutenir les agriculteurs et réduire la dépendance aux importations.
En novembre 2025, les autorités sénégalaises ont suspendu la délivrance des permis d'importation de riz pendant un mois, dans le but de réguler le marché et de donner au produit local une plus grande opportunité de commercialisation, suite aux avertissements lancés par les agriculteurs de la région de Dagana, dans la vallée du fleuve Sénégal, selon lesquels environ 195 000 tonnes de la production de 2025 pourraient rester invendues en raison de la concurrence du riz importé.
Malgré la fin de la période de suspension, la crise a persisté, incitant le gouvernement à adopter, en 2026, un nouveau train de mesures. En mars dernier, il a approuvé une subvention de 50 francs CFA par kilogramme de riz produit localement, ainsi que la fixation d'un prix d'achat garantissant le maintien des marges bénéficiaires des agriculteurs et une vente plus rapide des récoltes.
En février, le gouvernement a également demandé aux ministères, aux institutions et aux organismes publics de privilégier l'achat de riz produit localement, dans le but de créer une demande institutionnelle capable d'absorber le surplus.
Le 8 juillet, les autorités ont rétabli la suspension des licences d'importation de riz pour un mois, exigeant des importateurs qu'ils prouvent avoir acheté des quantités spécifiques de riz sénégalais avant de recevoir de nouveaux permis d'importation. Les données de la SAED (Société d'aménagement et d'exploitation des terres du delta et de la vallée du Sénégal) indiquent qu'environ 37 000 tonnes de riz blanc restaient stockées dans les rizeries, témoignant de la pression persistante sur la production nationale malgré les mesures gouvernementales visant à concilier sécurité alimentaire et soutien de la production nationale.



