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Il ne s’agit pas seulement d’une crise climatique… Comment la vague de chaleur a-t-elle révélé la fragilité des services en Tunisie ?

Tunisie sous le soleil : quand la chaleur révèle la profondeur des blessures, la volonté de vivre reste plus forte.

Écrit par Ulfa Al-Tarabulsi :

Depuis la mi-juillet, la Tunisie traverse l'une de ses périodes les plus difficiles. été Il y a quelques années, une vague de chaleur sans précédent a fait grimper les températures à près de 47 degrés à Tunis et 49 à Kairouan, entraînant une hausse record de la demande d'électricité, atteignant 6 000 mégawatts, un chiffre largement supérieur à la capacité de production estimée du réseau national, soit 4 630 mégawatts. Il en a résulté des coupures de courant intermittentes, parfois de longue durée, qui ont affecté l'approvisionnement en eau potable, les stations de pompage de la Société nationale d'exploitation et de distribution des eaux (SEED) étant elles aussi alimentées en électricité.

Manifestations en Tunisie

La colère populaire était réelle et compréhensible. Le 25 juillet, environ 2 500 personnes ont manifesté dans les rues de Tunis, la capitale, pour exprimer leur mécontentement face à la dégradation des services publics et exiger des réponses claires des autorités.

Il est important de préciser que ces mouvements n'étaient rien d'autre que des manifestations pacifiques, qui s'inscrivaient pleinement dans le cadre de la liberté d'expression garantie par la constitution, et n'ont donné lieu à aucune émeute ni violence d'aucune sorte.

La Chambre des représentants a consacré une séance publique à l'examen de la question, tandis que le pouvoir judiciaire a ouvert des enquêtes pour déterminer les responsabilités au sein de la Compagnie tunisienne d'électricité et de gaz.

Le président Kais Saied a qualifié la situation d'anormale et a exigé la fin des coupures de courant prolongées.

Tunisie
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Mais réduire cette période à une simple crise passagère serait une analyse incomplète. Les explications avancées par les experts ne mettent pas en évidence une réelle pénurie de ressources, mais plutôt un problème structurel lié aux infrastructures : une consommation qui augmente plus vite que la production, un réseau électrique vétuste et une forte dépendance encore persistante au gaz naturel importé.

En ce qui concerne l'eau également, le problème n'est pas la rareté des ressources, car le taux de remplissage des barrages a dépassé 601 TP3T et a atteint 751 TP3T dans certaines régions, mais plutôt la détérioration du réseau de distribution lui-même.

Des signes positifs se profilent à l'horizon, la Banque mondiale ayant alloué 332,5 millions de dollars à la modernisation de la Société nationale d'exploitation et de distribution de l'eau, à l'expansion des usines de dessalement et à l'installation de 100 000 compteurs intelligents.

Un accord régional a également été signé en avril dernier avec l'Algérie et la Libye afin de réglementer la gestion des ressources en eau partagées. Ces projets d'infrastructure ne résoudront pas la crise de l'été 2026, mais ils jettent les bases d'un réseau plus résilient pour les années à venir.

La Tunisie est aujourd'hui confrontée à une épreuve difficile, une épreuve qui révèle autant la fragilité de ses infrastructures que la résilience de son peuple, qui continue de descendre pacifiquement dans la rue pour réclamer son droit à l'électricité, à l'eau et à la dignité, sans perdre espoir en la possibilité d'une réforme.

La question qui demeure n’est pas de savoir si la Tunisie est capable de surmonter cette épreuve, comme son histoire en témoigne, mais plutôt si l’État réagira avec la rapidité et le sérieux que mérite un citoyen épuisé par l’attente.

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