Les attaques contre les équipes d'inhumation des victimes d'Ebola au Congo augmentent les infections
363 cas confirmés du virus et 62 décès
Cette attaque visait une équipe d'inhumation composée de spécialistes formés à la manipulation de corps hautement infectieux selon des protocoles stricts de prévention des infections.
Les individus se sont occupés du corps de la victime

Le corps a ensuite été manipulé par des membres de la communauté, une pratique à haut risque susceptible d'entraîner de nouvelles chaînes d'infection, selon un rapport de situation publié en ligne mercredi.
Ni le ministère de la Santé ni les responsables de l'hôpital n'ont identifié la cause de l'attaque, mais cet incident met en lumière la méfiance et la résistance qui continuent d'entraver les efforts de riposte alors que les autorités tentent de contrôler la propagation de la souche Bundibugyo du virus Ebola.
Ces dernières semaines, les équipes d'inhumation et le personnel de santé ont été pris pour cible, notamment par des proches des victimes qui remettaient en question la cause du décès.
Lundi dernier, à Bunia, capitale de la province d'Ituri où les premiers cas de la souche Bundibugyo ont été confirmés, des habitants ont attaqué une équipe d'intervention dans un cimetière, blessant au moins quatre personnes, selon un rapport de situation et un travailleur humanitaire local.
363 cas confirmés
Le Congo a enregistré 363 cas confirmés d'Ebola et 62 décès depuis la dernière épidémie, la 17e dans le pays, déclarée le 15 mai, selon les dernières données du ministère de la Santé.
Les autorités sanitaires ont annoncé 19 nouveaux cas confirmés, dont deux décès, dans leur dernier bulletin, l'infection s'étant propagée à 17 des 36 districts sanitaires de la province d'Ituri.
Ces derniers jours ont été marqués par une augmentation constante, avec des cas également signalés dans 7 districts sanitaires de la province du Nord-Kivu et dans un district sanitaire de la province du Sud-Kivu.
Franz Celestin, chef régional de l'Organisation internationale pour les migrations, a déclaré jeudi à Reuters que l'organisation aidait à mettre en place 30 centres de surveillance sanitaire dans les trois provinces touchées par Ebola afin de suivre l'état de santé des populations et d'empêcher les patients de propager davantage le virus.
Le ministère a noté certains progrès, soulignant notamment le cas de 32 personnes contacts à Ruambara, dans l'Ituri, qui ont été suivies pendant 21 jours et dont les tests de dépistage d'Ebola se sont révélés négatifs.
Le ministère a également annoncé que les autorités de la ville de Goma, dans le Nord-Kivu, se préparaient mercredi à autoriser la sortie d'un patient guéri.
Freddy Kaneke, coordinateur adjoint de l'Alliance des forces pour le changement/rebelles du 23 mars, a déclaré mercredi dans un message publié sur X que la patiente était retournée auprès de sa famille.
L'aide internationale continue d'affluer dans l'est du Congo. La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a annoncé jeudi que des fournitures funéraires suffisantes pour 300 corps étaient arrivées à Bunia le 3 juin.



