Le Nigeria resserre son étau sur l'EI en Afrique de l'Ouest grâce à une opération terrestre rapide.
Un coup dur pour Sambisa : l'armée nigériane ébranle les bastions de l'EI
Écrit par : Badr Ahmed
L'armée nigériane a mené une opération de terrain de grande envergure ciblant des camps logistiques appartenant à l'État islamique en Afrique de l'Ouest, à l'intérieur de la forêt de Sambisa, dans le nord-est du pays, dans le cadre d'une campagne de sécurité en cours visant à démanteler la structure organisationnelle des groupes armés dans la région.
L'armée nigériane détruit des camps de l'EI
Selon des sources locales, l'opération a débuté vendredi matin par un assaut terrestre rapide visant des positions fortifiées au cœur de la forêt de Gwoza, dans l'État de Borno, un important bastion des groupes extrémistes au Nigéria. Ces mêmes sources indiquent que des unités des forces de sécurité conjointes ont affronté des membres présumés du groupe dans les villages de Disa et Balangaji, contraignant les militants à fuir sous la pression de l'offensive militaire.
Selon le compte rendu militaire, les forces ont pu imposer leur contrôle sur les sites ciblés, où un certain nombre de camps et d'installations logistiques utilisés pour abriter des éléments armés et coordonner les attaques ont été détruits, sans qu'aucune perte ne soit enregistrée dans les rangs de l'armée.
La forêt de Sambisa est l'une des zones les plus accidentées et complexes du nord-est du Nigéria. Depuis des années, elle sert de refuge majeur aux groupes militants, notamment Boko Haram et l'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP). Son terrain dense permet à ces groupes de se dissimuler et de se redéployer, ce qui rend les opérations terrestres extrêmement risquées et exige des efforts de renseignement poussés.

Par ailleurs, l'armée nigériane a annoncé l'arrestation de trois femmes soupçonnées d'appartenir à une cellule facilitant les activités du groupe au sein d'un camp de personnes déplacées dans la région de Konduga, dans l'État de Borno. Les autorités ont indiqué que ces arrestations faisaient suite à une opération de renseignement ayant permis d'intercepter des communications relatives à une tentative de transfert de l'une des suspectes vers une zone présumée sous le contrôle du groupe.
Les premières investigations indiquent la possibilité que les détenus aient été impliqués dans le soutien logistique et la facilitation des déplacements et des communications entre les membres de l'organisation, à un moment où les groupes extrémistes s'appuient sur des réseaux clandestins au sein des camps de personnes déplacées pour recueillir des informations et faciliter les opérations de contrebande et de dissimulation.
Depuis plus de quinze ans, le Nigéria est témoin d'une escalade de la violence liée aux organisations extrémistes, notamment dans le nord-est du pays, où l'influence de Boko Haram se mêle à celle de son groupe dissident qui a prêté allégeance à l'EI en 2016, ce qui a compliqué le paysage sécuritaire et multiplié les zones à risque.

Grâce aux opérations militaires en cours et au soutien international, les autorités nigérianes recherchent des avancées décisives sur le terrain, dans le but de reprendre le contrôle des zones touchées et de contenir l'une des crises sécuritaires et humanitaires les plus longues du continent africain.



