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La montée des eaux du lac Kariba ravive les espoirs énergétiques pour la Zambie et le Zimbabwe.

montée des eaux du lac Kariba

Écrit par : Ayman Ragab

Au cœur du continent africain, sur la frontière commune entre la Zambie etZimbabweLe lac Kariba témoigne de façon vivante de la lutte de l'homme contre la nature.

Le lac, construit dans les années 1950 pour être le plus grand lac artificiel du monde en termes de volume (223 km de long et 40 km de large), n'était pas seulement un réservoir d'eau, mais une source de vie qui soutient l'énergie, la pêche, le tourisme et la biodiversité.

Aujourd'hui, après des années de sécheresse prolongée et de canicules consécutives au phénomène El Niño, les rives du lac Kariba retrouvent leur vitalité. Les indicateurs de l'Autorité du fleuve Zambèze sont encourageants : le niveau de l'eau remonte régulièrement grâce à l'augmentation des apports en provenance du bassin versant supérieur, atteignant une capacité de stockage utilisable de 42 401 tonnes 3 milliards de gallons (TP3T) pour la production d'électricité, soit le niveau le plus élevé enregistré par le lac depuis 2019.

Du bord de la paralysie au seuil de la guérison

Pour comprendre l’impact profond de cette crue, il faut examiner le contraste saisissant des chiffres de capacité de stockage alloués à la production d’énergie hydroélectrique au cours des deux dernières années :

Indice hydrique du lac Kariba en 2024 (pic de sécheresse), en 2026 (situation actuelle), impact direct de la transition
Le rapport de capacité de stockage d'énergie disponible n'est que de 13%, 42,40%, ce qui augmente la stabilité du réseau électrique et réduit les périodes de coupure de courant.

L’espace disponible pour la faune sauvage se réduit considérablement, la concurrence s’intensifie, les zones de reproduction s’étendent et les taux de conflit entre les humains et les prédateurs diminuent.

L’activité de pêche commerciale et locale s’est fortement détériorée, et le recours à des méthodes illégales a permis le renouvellement des stocks de poissons, l’amélioration de la sécurité alimentaire et l’augmentation des revenus des pêcheurs.

Dans les coulisses des souffrances sur les rives de la Cariba

La baisse du niveau de l'eau ne se résumait pas à un simple chiffre sur des instruments de mesure, mais se traduisait sur le terrain par une crise complexe qui affectait aussi bien les humains que les animaux :

Guerre des crocodiles et des pêcheurs

Avec la diminution des zones de reproduction et la rareté de la nourriture, les crocodiles affamés ont commencé à attaquer les filets des pêcheurs pour voler du poisson, leur causant de lourdes pertes en matériel et en temps, et beaucoup ont même été victimes d'attaques mortelles en essayant de sauver leurs prises.

Se glisser dans l'interdit

La rareté du poisson et l'invasion d'espèces envahissantes (comme les écrevisses) ont conduit les pêcheurs à des pratiques de pêche illégales et dangereuses, comme frapper l'eau et rabattre les poissons avec des bateaux vers les récifs peu profonds, augmentant ainsi leurs chances de rencontrer des prédateurs ou d'être arrêtés par les autorités.

Tourisme et énergie paralysés

En 2024, des villes de Zambie et du Zimbabwe ont subi de graves coupures de courant qui ont paralysé l'industrie et la vie quotidienne, tandis que les croisières et la navigation de plaisance ont été interrompues en raison de l'assèchement des estuaires.

L’Autorité du fleuve Zambèze prévoit que le débit et la montée des eaux se poursuivront jusqu’en juillet de cette année. Ce débit engendre de nombreux avantages environnementaux et économiques :

Percée environnementale et économique

La montée des eaux entraînera une expansion des zones de reproduction des poissons et des crocodiles, ainsi qu'une plus grande disponibilité de nourriture naturelle pour les prédateurs, ce qui mettra fin au conflit entre crocodiles et pêcheurs. Elle revitalisera également le secteur du tourisme marin, permettant aux excursions en bateau de prospérer à nouveau dans les estuaires riches en biodiversité et abritant des oiseaux rares.

Malgré les perspectives encourageantes actuelles, le changement climatique demeure une menace constante et les sécheresses futures ne sont qu'une question de temps. Par conséquent, les autorités locales et la communauté internationale doivent abandonner les politiques réactives et commencer à élaborer des plans proactifs et flexibles, notamment par les mesures suivantes :

Développer des projets de centrales solaires flottantes à grande échelle au-dessus de la surface du lac, réduisant ainsi la dépendance exclusive à l'énergie hydroélectrique et limitant simultanément l'évaporation de l'eau.

Sensibiliser les communautés aux dangers de la sécheresse et combiner la recherche scientifique contemporaine aux connaissances autochtones des communautés locales (telles que les rituels culturels et les expériences héritées de surveillance climatique) afin de concevoir des solutions d'adaptation issues de l'environnement local.

Inciter les autorités touristiques à développer des activités récréatives terrestres qui ne dépendent pas du niveau de l'eau, et aider les pêcheurs à trouver des sources alternatives de revenus et de nourriture pendant les années de sécheresse afin de soutenir leur résilience économique.

La principale leçon que nous offre aujourd'hui le lac Kariba est que la nature donne une seconde chance ; la chose intelligente à faire est d'utiliser l'abondance actuelle d'eau pour construire des filets de sécurité terrestres et économiques qui protègent les communautés de Zambie et du Zimbabwe lorsque le ciel décidera à nouveau de se faire rare.

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