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Diplomatie en coulisses : l'Afrique du Sud s'efforce de contenir la crise dans ses relations avec le Ghana

Écrit par Omnia Hassan

Dans une démarche témoignant de la volonté de Pretoria de contenir les tensions croissantes avec Accra, l'Afrique du Sud a dépêché son ministre des Relations internationales et de la Coopération, Ronald Lamola, en tant qu'envoyé spécial du président Cyril Ramaphosa au Ghana.

Cette initiative vise à rétablir des relations bilatérales plus chaleureuses après le report de la visite officielle de Ramaphosa en raison de l'escalade des attaques xénophobes en Afrique du Sud.

Messages de réconfort entre Pretoria et Accra

Le président ghanéen John Dramani Mahama a confirmé que les discussions avec l'envoyé sud-africain avaient porté sur les préoccupations croissantes concernant le ciblage des étrangers, en particulier des investisseurs et des commerçants africains.

Il a souligné que son pays n'est pas hostile à l'Afrique du Sud, mais estime que la répétition de ces attaques exige des mesures sérieuses pour faire face à leurs répercussions politiques et économiques.

Pour sa part, Lamola a expliqué qu'il avait transmis un message direct du président Ramaphosa, soulignant l'engagement de son pays en faveur du dialogue et son rejet catégorique de la xénophobie, du racisme et de la violence sous toutes ses formes, tout en insistant sur le respect de l'état de droit et le soutien à une migration sûre et ordonnée au sein du continent.

La crise se déplace vers l'Union africaine

Parallèlement à ces initiatives bilatérales, le Ghana a officiellement demandé que la question des attaques xénophobes en Afrique du Sud soit inscrite à l'ordre du jour du prochain sommet de l'Union africaine.

Elle a fait valoir que la question n'était plus une affaire intérieure, mais qu'elle était devenue un défi affectant l'intégration continentale et l'avenir de la liberté de circulation des personnes et des investissements.

Mahama a expliqué que l'examen de cette question au sein de l'Union africaine ne vise pas à isoler l'Afrique du Sud, mais plutôt à fournir une plateforme institutionnelle permettant aux États membres de s'attaquer aux causes profondes de la crise et de parvenir à des solutions durables.

Un nouveau test pour la diplomatie africaine

Ces développements révèlent que la question des violences contre les étrangers est passée d'un problème de sécurité locale à un défi diplomatique qui affecte les relations entre les pays africains, notamment avec l'accélération des efforts visant à promouvoir l'intégration économique par le biais de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Les observateurs estiment que l'envoi d'un émissaire présidentiel au lieu de se fier uniquement à des déclarations officielles reflète la volonté de Pretoria d'adopter une diplomatie discrète pour contenir la crise.

Les délibérations lors du prochain sommet de l'Union africaine détermineront si ces mesures permettront de rétablir la confiance et d'ouvrir un nouveau chapitre dans les relations entre les deux pays.

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