
Écrit par : Mohamed Ragab
La Cour pénale internationale a annoncé avoir réalisé des progrès importants dans les enquêtes sur les crimes commis dans la région soudanaise du Darfour, confirmant avoir obtenu des preuves solides reliant les violations subies par la région à des hauts responsables, une étape qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles actions judiciaires contre les responsables de ces crimes.
La procureure adjointe de la Cour, Nazih Shamim Khan, a déclaré que l'équipe d'enquête avait réussi à recueillir des preuves supplémentaires qu'elle a qualifiées de ” solides ”, reliant les crimes commis dans les villes de Goulmin et d'El Fasher à des niveaux de direction, et a souligné que cette évolution représentait une “ percée ” dans le cours des enquêtes, qui ont généralement du mal à prouver la responsabilité des hauts dirigeants pour les crimes commis par des agents sur le terrain.
Les enquêtes portent sur un meurtre et une agression sexuelle.
La Cour pénale internationale se concentre sur les crimes commis pendant le conflit en cours au Soudan, notamment les massacres, les exécutions sommaires, les violences sexuelles et les violations visant les civils, en particulier au Darfour.
La responsable du tribunal a confirmé que les équipes d'enquête ont recueilli les témoignages d'un grand nombre de victimes et de survivants, qui comprenaient des récits d'exécutions et de violences sexuelles à grande échelle, notant que ces témoignages constitueront une partie essentielle des procédures judiciaires à venir.
La cour parle de résultats attendus.
Malgré son refus de révéler les noms des suspects ou si le tribunal se prépare à émettre de nouveaux mandats d'arrêt, la procureure adjointe a assuré que le tribunal était confiant d'obtenir des résultats dans un délai raisonnable, alors que la collecte de preuves et la finalisation des enquêtes se poursuivent.
Comme vous l'avez expliqué, la compétence de la Cour se limite à poursuivre les individus accusés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, et non à tenir les États responsables, soulignant que la priorité de l'enquête se concentre actuellement sur les crimes commis au Darfour.
Coopération limitée et défis persistants
La Cour a noté que le gouvernement soudanais a fait preuve d'une certaine coopération dans les enquêtes relatives au conflit actuel, mais qu'il n'a pas encore livré un certain nombre de personnes recherchées dans les affaires antérieures du Darfour, tandis que la Cour continue de recueillir des preuves en coopération avec les victimes et les témoins présents au Soudan et dans les camps de réfugiés des pays voisins.
La Cour pénale internationale enquête sur les crimes commis au Darfour en vertu d'un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies datant de 2005, bien que le Soudan ne soit pas partie au Statut de Rome, l'instrument constitutif de la Cour.



