En République démocratique du Congo, le nombre de décès dus à Ebola dépasse les 200, sur fond d'accélération de l'épidémie.
Le nombre de cas confirmés a atteint près de 900 ces dernières semaines.

Écrit par : Mohamed Ragab
La crise d'Ebola en République démocratique du Congo continue de s'aggraver à un rythme alarmant, le nombre de morts dus à la maladie dépassant les 200 et le nombre de cas confirmés atteignant près de 900, ce qui fait craindre une épidémie plus large en Afrique centrale et orientale.
Selon les dernières données sanitaires, la République démocratique du Congo a enregistré 896 cas confirmés et 232 décès au 18 juin, et de nouveaux cas continuent d'être enregistrés quotidiennement, reflétant la transmission continue de l'infection au sein des communautés locales malgré les efforts intensifs déployés pour contenir l'épidémie.
Une souche rare rend la confrontation plus difficile.
L'épidémie actuelle est due à la souche Bundibugyo du virus Ebola, une souche moins courante que la souche Zaïre bien connue, pour laquelle il n'existe toujours pas de vaccin approuvé ni de traitement spécifique éprouvé, ce qui rend les efforts de contrôle plus compliqués par rapport aux épidémies précédentes.
Les autorités sanitaires confirment que la maîtrise de la maladie repose actuellement sur le dépistage précoce des infections, l'isolement des patients, le traçage des contacts et l'application de procédures d'inhumation sécurisées, ainsi que sur des campagnes de sensibilisation communautaire visant à réduire la propagation de l'infection.
Les défis sécuritaires et humanitaires entravent la réponse
Les équipes d'intervention sanitaire sont confrontées à des défis importants dans les zones touchées, notamment dans les provinces d'Ituri et du Nord-Kivu, où les efforts de lutte contre Ebola coïncident avec des situations sécuritaires complexes, des déplacements massifs de population et un manque d'infrastructures et de services de santé.
Les autorités peinent également à retracer les milliers de personnes ayant été en contact avec des individus infectés, les estimations suggérant des dizaines de milliers de contacts potentiels, tandis que les équipes médicales ne peuvent assurer le suivi que d'un pourcentage limité d'entre eux en raison d'un manque de ressources et de personnel médical.
Les experts de la santé estiment que ces difficultés augmentent le risque de propagation de la maladie à de nouvelles régions du pays ou aux pays voisins, notamment en raison des mouvements constants de personnes à travers les frontières.
Le manque de financement menace les efforts de confinement
Malgré les promesses internationales et régionales de plus de 900 millions de dollars pour soutenir la réponse sanitaire, les parties prenantes confirment que moins de 101 milliards de dollars de ces promesses ont été déboursés jusqu'à présent, ce qui limite la capacité des équipes médicales à étendre les opérations de dépistage, de traitement et de sensibilisation.
Afin de renforcer les efforts de contrôle, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont annoncé un financement supplémentaire de 107 millions de dollars pour soutenir la riposte en République démocratique du Congo et en Ouganda, avec le déploiement d'experts et de spécialistes pour aider à contenir l'épidémie.
Craintes de propagation régionale de la crise
Face à la hausse continue des infections et des décès, les organisations sanitaires avertissent que l'épidémie actuelle pourrait se transformer en l'une des plus graves crises d'Ebola qu'ait connues l'Afrique ces dernières années si le financement n'est pas accéléré et si les mesures d'intervention sur le terrain ne sont pas renforcées.
Les experts en santé publique soulignent que le succès des efforts de confinement nécessite une large coopération régionale et internationale, compte tenu notamment du caractère transfrontalier de la crise et des risques pour les pays voisins si la maladie continue de se propager sans contrôle.



