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Les habitants d'une forêt du Kenya se plaignent de la construction d'une clôture autour de leur forêt.

غابة كابتاغات في كينيا

Ayman Ragab

Un projet de 2,68 millions de dollars visant à protéger la forêt de Kaptagat au Kenya, soutenu par le Programme des Nations Unies pour le développement, a suscité la controverse suite aux accusations des populations autochtones selon lesquelles une clôture aurait été érigée sur leurs terres ancestrales et leurs sites funéraires sans leur consentement.

Le 27 février 2026, la communauté autochtone de Kyo a déposé une plainte officielle auprès de l'Unité de conformité sociale et environnementale du PNUD, accusant le projet de violer ses droits historiques et de ne pas respecter le principe du consentement libre, préalable et éclairé. Bien que la plainte soit encore en cours d'examen d'éligibilité, le gouvernement kényan a officiellement lancé la construction de la clôture le 4 mai.

كينيا
Kenya
  Programme intégré Captag

Le Programme intégré de conservation de Kaptagat couvre plus de 20 000 hectares dans les districts d’Elgeo Marakwit et d’Usin Gishuo, et englobe cinq secteurs forestiers clés : Sabur, Benun, Kippacapus, Kisup et Kaptagat. Le gouvernement indique que ce projet vise à restaurer les écosystèmes dégradés et à renforcer les efforts de conservation des forêts, conformément à l’engagement du président William Ruto de planter 15 milliards d’arbres d’ici 2032.

Mais les représentants de la communauté de Kew considèrent ce projet comme un nouveau chapitre de leur exclusion historique, soulignant que la clôture restreint leur accès aux pâturages, aux sites funéraires sacrés et aux zones dont ils dépendent pour leurs moyens de subsistance depuis de nombreuses années.

La plainte comprend des allégations de violation de quatre normes sociales et environnementales des Nations Unies, notamment les droits des peuples autochtones sur leurs terres et leurs sites culturels, l'absence de véritable consentement de la communauté, le déplacement économique sans compensation et le manque de protection des personnes qui se sont opposées au projet.

Restreindre les droits de pâturage traditionnels au profit des projets de culture d'avocats

Dans la région de Sabur, les habitants accusent les autorités de restreindre leurs droits de pâturage traditionnels au profit de projets de culture d'avocats subventionnés par l'État, tandis que les anciens de la région de Binun affirment que la clôture menace l'accès à des sites funéraires sacrés. Les habitants estiment également que les initiatives gouvernementales alternatives, telles que la distribution de bétail à haut rendement, ne compensent pas la perte d'accès à leurs terres et à leurs forêts.

Ce cas rappelle des expériences similaires vécues dans la forêt de Kakamega, dans l'ouest du Kenya, où des études récentes ont montré que des mesures de protection plus strictes et l'imposition de clôtures ont considérablement affecté les familles les plus dépendantes des forêts comme source de combustible, de nourriture et de médicaments.

La poursuite des travaux malgré une plainte officielle soulève des questions quant à l'efficacité des mécanismes de responsabilisation dans les projets internationaux de financement climatique. Selon des responsables forestiers kényans, l'Unité de conformité des Nations Unies n'a pas le pouvoir légal d'arrêter les travaux, tandis que le gel des financements internationaux demeure l'un des rares leviers d'action disponibles.

Poursuite des travaux de construction de la clôture

Les observateurs estiment que le problème dépasse le cadre d'un différend local concernant un terrain, soulevant des questions plus larges sur la capacité des projets de conservation et de financement climatique en Afrique à concilier la protection des forêts et le respect des droits des communautés autochtones.

Alors que le gouvernement kényan insiste sur le fait que le reboisement est une nécessité environnementale urgente, les habitants de Kyo attendent toujours les résultats de leur plainte, car la construction de la clôture se poursuit sur des terres qu'ils considèrent comme faisant partie de leur histoire et de leurs droits hérités.

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