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Affrontements à Kajo-Kaji : la frontière entre le Soudan du Sud et l'Ouganda se dirige-t-elle vers une nouvelle escalade ?

Une confrontation armée qui a duré deux heures a contraint des dizaines de civils à fuir.

Écrit par : Mohammed Omran 

Des affrontements ont éclaté entre les forces de défense du peuple Soudan du Sud L'armée ougandaise est présente dans la zone frontalière de Nandigo, dans le district de Kajo-Keji, dans l'État d'Équatoria-Central, suite à un différend concernant la démarcation de la frontière, selon un responsable local.

Une confrontation armée qui a duré deux heures a contraint des dizaines de civils à fuir.

Les affrontements ont poussé des civils à fuir vers les écoles et les églises, tandis qu'un responsable a appelé les deux gouvernements à résoudre le conflit par le dialogue et a lancé un appel aux organisations humanitaires afin qu'elles fournissent une aide d'urgence aux personnes touchées. L'armée ougandaise n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat.

Il convient de noter que les forces ougandaises sont déployées à Juba, la capitale, en vertu d'un accord entre les gouvernements du Soudan du Sud et de l'Ouganda. Toutefois, cet incident survient dans un contexte d'accusations répétées de la part de responsables locaux et d'habitants, selon lesquelles les forces ougandaises auraient empiété sur les territoires frontaliers sud-soudanais, et auraient également installé des citoyens ougandais dans certaines zones frontalières. Le gouvernement ougandais n'a pas encore fait de commentaire officiel sur ces accusations.

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Les tensions sont de retour dans la bande frontalière entre le Soudan du Sud et l'Ouganda, après des affrontements armés entre les Forces de défense du peuple du Soudan du Sud et l'armée ougandaise dans la zone frontalière de Nandigo, dans le comté de Kajo-Keji, dans l'État d'Équatoria-Central, un incident qui a remis sur le devant de la scène l'une des questions frontalières les plus complexes entre les deux pays.

Le gouverneur du comté de Kajo-Kaji, Jackson Mule, a déclaré que les affrontements ont éclaté après que les forces sud-soudanaises ont exigé que leurs homologues ougandais se retirent des zones frontalières contestées, avant que la situation ne dégénère en un échange de tirs à l'aide d'armes lourdes qui a duré environ deux heures et s'est terminé par le retrait des forces ougandaises de la zone.

Il a ajouté que les affrontements avaient contraint des dizaines de civils à se réfugier dans des écoles et des églises, appelant les gouvernements des deux pays à endiguer la crise par le dialogue et exhortant les organisations humanitaires à fournir une aide d'urgence aux personnes touchées. À ce jour, l'armée ougandaise n'a fait aucune déclaration officielle concernant cet incident.

Un différend frontalier qui remonte à plusieurs années

Ces affrontements ne sont pas les premiers du genre, la frontière entre le Soudan du Sud et l'Ouganda ayant été le théâtre de fréquents différends en raison de l'échec de la démarcation de la frontière depuis l'indépendance du Soudan du Sud en 2011.

La région de Kajo-Kaji, située dans l'État d'Équatoria-Central et proche de la frontière avec l'Ouganda, est l'une des zones les plus sensibles, car elle a été le théâtre de plusieurs incidents liés au conflit foncier et frontalier ces dernières années, tandis que le comité mixte entre les deux pays poursuit son travail pour résoudre définitivement les questions de frontières.

Des récits contradictoires

Les derniers affrontements surviennent dans un contexte d'échanges d'accusations entre les deux camps. Les autorités sud-soudanaises affirment que les forces ougandaises ont pénétré sur leur territoire et attaqué leurs positions. De leur côté, l'Ouganda a déjà déclaré, lors d'incidents similaires, que les forces sud-soudanaises avaient franchi la frontière et établi des positions sur son territoire, illustrant ainsi le différend persistant concernant la délimitation de la frontière entre les deux pays.

Présence militaire ougandaise au Soudan du Sud

La crise prend une tournure encore plus délicate compte tenu de la présence militaire ougandaise au Sud-Soudan, où des unités de l'armée ougandaise sont déployées dans la capitale Juba et d'autres régions en vertu d'un accord avec le gouvernement du président Salva Kiir, dans le but de soutenir la stabilité et d'aider le gouvernement à faire face aux menaces sécuritaires.

En mars 2025, l'Ouganda a déployé des forces spéciales supplémentaires à Juba alors que les tensions politiques et sécuritaires s'intensifiaient, affirmant que ce déploiement avait eu lieu à la demande du gouvernement du Soudan du Sud, une décision qui, à l'époque, avait fait craindre une escalade du conflit interne.

Menaces de mettre le Soudan à feu et à sang (PDF)

Accusations répétées d'incursion

Ces dernières années, des responsables locaux et des habitants des zones frontalières ont accusé à plusieurs reprises les forces ougandaises d'empiéter sur le territoire sud-soudanais, et ont également fait état de l'installation de citoyens ougandais dans certaines zones frontalières. Le gouvernement ougandais n'a ni confirmé ni infirmé officiellement ces accusations.

Les observateurs estiment que la poursuite de ces accusations témoigne de la fragilité de la situation sécuritaire aux frontières, notamment en l'absence d'une démarcation définitive, ce qui rend toute intervention militaire ou sécuritaire susceptible de déclencher de nouvelles confrontations.

Ces affrontements vont-ils se reproduire ?

Malgré les liens politiques et militaires étroits entre Juba et Kampala, le différend frontalier demeure l'un des problèmes les plus complexes entre les deux pays. La région a déjà connu des affrontements similaires qui ont fait des morts des deux côtés, avant que les deux chefs d'état-major ne conviennent d'un cessez-le-feu et de l'ouverture d'enquêtes conjointes, tout en insistant sur la poursuite des travaux du comité de démarcation de la frontière.

 

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