Catastrophe climatique en Afrique : les forêts, autrefois poumons de la planète, deviennent une source de carbone.
Une étude révèle un changement dangereux

Écrit par Omnia Hassan
Une étude internationale publiée dans la revue Scientific Reports a révélé que les forêts africain Le continent, longtemps considéré comme un réservoir naturel de dioxyde de carbone, ne joue plus ce rôle comme auparavant. Au contraire, il a commencé à libérer plus de carbone qu'il n'en absorbe. Cette évolution inquiétante menace l'une des plus importantes lignes de défense naturelles contre le changement climatique et place le continent face à un défi environnemental sans précédent.
L'étude a été menée par des chercheurs des universités de Leicester, de Sheffield et d'Édimbourg, qui ont utilisé des données satellitaires et des techniques d'apprentissage automatique pour suivre l'évolution du couvert forestier et de la biomasse des arbres sur plus d'une décennie.
De l'absorption à l'émission
Pendant longtemps, les forêts ont contribué Afrique Ses savanes absorbent environ 201 030 milliards de tonnes de carbone à l’échelle mondiale grâce à la photosynthèse, notamment dans les forêts tropicales du bassin du Congo. Entre 2007 et 2010, le continent a gagné environ 439 millions de tonnes par an de biomasse aérienne.

Mais la situation a changé après 2010 ; la biomasse a commencé à diminuer de 132 millions de tonnes par an entre 2010 et 2015, et ce déclin s’est poursuivi par la suite. Selon l’étude, l’Afrique a perdu environ 106 milliards de kilogrammes de biomasse par an entre 2010 et 2017, un indicateur clair de la diminution des stocks de carbone.
Points chauds : Congo, Madagascar et Afrique de l'Ouest
La déforestation et la dégradation des forêts sont concentrées en République démocratique du Congo, à Madagascar et dans certaines régions d'Afrique de l'Ouest. Rien qu'en 2024, la République démocratique du Congo a perdu environ 590 000 hectares de forêt vierge, un record absolu. Les incendies contribuent également de plus en plus à la destruction des forêts tropicales.
Les technologies de surveillance avancées révèlent le point de basculement
Les chercheurs se sont appuyés sur des images satellites et une analyse algorithmique pour mesurer la biomasse aérienne, un indicateur direct de la quantité de carbone stockée dans les plantes, et les résultats ont montré un tournant décisif : les forêts qui absorbaient du carbone en perdaient désormais plus vite qu’elles n’en gagnaient.
Un phénomène mondial qui ne se limite pas à l'Afrique
Ce changement ne se limite pas à l'Afrique ; certaines parties de la forêt tropicale australienne, ainsi que des zones de l'Amazonie, sont passées de puits de carbone à émetteurs de carbone en raison de la hausse des températures, de la sécheresse et des phénomènes météorologiques extrêmes. Les données indiquent que les forêts primaires de l'Amazonie brésilienne ont vu leur contribution aux pertes de carbone passer de 331 TP3T dans les années 1990 à 761 TP3T au cours de la deuxième décennie des années 2000.
Alerte précoce pour sauver les “ poumons de la Terre ”
L’étude met en garde contre le risque que la poursuite de cette voie ne compromette les efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique. Protéger les forêts africaines n’est plus seulement une option environnementale, mais une nécessité climatique urgente pour préserver l’équilibre carbone de la planète.



