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Prix élevés au Nigéria : la viande devient un produit de luxe réservé aux riches

La flambée des prix de la viande pousse des millions de Nigérians à se tourner vers des repas sans protéines.

Écrit par : Badr Ahmed

Les familles nigérianes à faibles revenus sont confrontées à une crise alimentaire qui s'aggrave, car les prix de la viande et des produits protéinés animaux ont fortement augmenté, obligeant des millions de citoyens à exclure la viande de leurs repas quotidiens et à se tourner vers des alternatives moins chères, dans un contexte de hausse des taux de pauvreté et de baisse du pouvoir d'achat.

Sur les marchés de Lagos et des environs, les prix de la viande rouge, du poisson, du poulet et de la dinde sont devenus inabordables pour de nombreuses familles, entraînant une baisse significative de la consommation de protéines animales. Olaid Alarabi, vendeuse de légumes et mère de trois enfants, explique qu'elle n'a pas acheté de viande depuis plus de deux mois en raison des prix élevés, et que sa famille se tourne désormais vers les œufs, une alternative moins coûteuse, pour couvrir ses besoins de base en protéines.

La flambée des prix de la viande pousse des millions de Nigérians à se tourner vers des repas sans protéines.

Elle a ajouté qu'acheter de la viande pour 2 000 nairas ne permettait plus d'obtenir que quelques petits morceaux, comparé à avant, et a noté que les œufs étaient devenus l'option la plus réaliste pour les familles pauvres malgré leur prix élevé.

Le sort de Nina Victor, mère de quatre enfants qui travaille dans une blanchisserie du quartier de Berger à Lagos, n'est pas différent de celui des autres mères qui doivent préparer des repas composés presque exclusivement de féculents comme le gari, les pâtes et l'igname, avec des quantités très limitées de protéines.

Selon des sources locales, les prix de la viande au Nigéria ont atteint des niveaux records : le prix d’un kilogramme de bœuf dépasse les 8 000 nairas, celui de la viande de chèvre atteint environ 10 000 nairas, tandis que le prix du poisson varie entre 3 000 et 10 000 nairas selon l’espèce.

Le prix des œufs a également fortement augmenté, une simple boîte coûtant désormais plus de 6 000 nairas, contre moins de 2 000 nairas il y a quelques années.

Des experts en nutrition ont averti que si cette situation perdure, elle pourrait aggraver la crise de malnutrition dans le pays, en particulier chez les enfants, les femmes enceintes et les familles démunies. L'UNICEF confirme que le Nigéria affiche le deuxième taux le plus élevé d'enfants souffrant de retard de croissance au monde, tandis que près de deux millions d'enfants souffrent de malnutrition aiguë.

Les experts estiment que la crise économique, l'inflation et la hausse des prix alimentaires poussent les familles à privilégier la satisfaction de la faim plutôt qu'une alimentation équilibrée, ce qui risque d'accroître les taux de carences en protéines et de maladies liées à la malnutrition dans l'un des pays les plus peuplés d'Afrique.

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