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Le Kenya ouvre une enquête sur le sort de centaines de jeunes hommes envoyés en Russie.

Un programme de recrutement tourne au désastre : des Kenyans sont envoyés au front en Russie.

Écrit par : Badr Ahmed

Une recherche d'emploi s'est transformée en tragédie humaine dans une affaire qui a suscité une vive controverse au Kenya, suite au décès d'Erastus Mundi, un citoyen kenyan de 38 ans et père de trois enfants, qui avait quitté son pays en juin 2025 dans le cadre d'un programme d'emploi présenté comme offrant des emplois civils bien rémunérés en Russie.

Selon de multiples témoignages, Mondi et des centaines d'autres Kenyans ont été attirés par des contrats de travail qui se sont avérés par la suite liés à l'armée russe, où ils ont été contraints de participer aux opérations militaires dans la guerre en cours en Ukraine, dans des conditions dépourvues de formation militaire adéquate et de protection juridique, ce qui a entraîné la mort de plusieurs d'entre eux, dont Mondi, mort sur le champ de bataille.

Un scandale lié à des recrutements militaires irréguliers touche des centaines de Kenyans résidant à l'étranger.

Le gouvernement kényan, dirigé par le ministre du Travail Alfred Mutua, est accusé de négligence et de tromperie par les familles des victimes, après que le ministre soit apparu sur des photos officielles faisant ses adieux à un groupe de jeunes, dont Mondi, alors qu'ils partaient à l'étranger, décrivant à l'époque le programme comme une opportunité de changer de vie qui permettrait aux participants de gagner environ 900 dollars par mois dans des emplois civils au sein d'usines d'emballage alimentaire.

Mais la famille Mundy, menée par sa mère Josephine Njoya, a accusé le gouvernement de tromper les citoyens et de les envoyer dans des zones de conflit armé sans connaître la véritable nature des missions.

Elle affirme que ce qui s'est passé constitue une trahison de la confiance que les familles avaient placée dans les programmes d'emploi officiels.

Dans un contexte similaire, une organisation kényane de défense des droits humains appelée Vocal Africa a signalé que la plupart des travailleurs figurant sur les photos de départ étaient décédés, soulignant que cette affaire révèle des réseaux de recrutement opaques qui exploitent le besoin des jeunes de travailler à l'étranger.

Les données des autorités kényanes indiquent qu'environ 300 citoyens kényans ont été victimes d'opérations de recrutement irrégulières liées au conflit, dont 19 tués et 32 disparus, tandis que des rapports de renseignement non confirmés suggèrent que le nombre réel pourrait dépasser 1 000.

Ces développements mettent en lumière les risques croissants auxquels sont confrontés les travailleurs africains en quête d'opportunités à l'étranger, notamment en l'absence d'un contrôle adéquat des contrats de travail transfrontaliers, ce qui suscite des appels de plus en plus nombreux à des enquêtes officielles et à la responsabilisation des personnes chargées de ces opérations.

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