Des camps de réfugiés aux sommets du monde des affaires : comment Yebra Tsfazegi a-t-il transformé l'Afrique en un moteur de croissance de plusieurs milliards de dollars ?
Démontrer les capacités des talents africains

Écrit par Omnia Hassan
Dans le monde des affaires dominé par les sociétés multinationales, Yebra Tsvazgi s'est imposé comme l'un des dirigeants les plus en vue. Afrique Ceux qui ont su briser les barrières traditionnelles et prouver la capacité des talents africains à diriger les plus grandes institutions mondiales.
Cet homme, qui menait une vie de réfugié et de déplacements entre plusieurs pays, a pris la direction des opérations de General Electric en Afrique, accomplissant un exploit exceptionnel en faisant passer les revenus de l'entreprise sur le continent d'environ 150 millions de dollars à 3,8 milliards de dollars en seulement trois ans.
Un voyage qui a commencé au cœur de la souffrance
Tesfazege est né à Asmara, capitale de l'Érythrée, où les scènes d'inégalité sociale et de troubles politiques ont forgé sa conscience précoce des enjeux de justice et d'égalité. Face à l'escalade de la violence dans son pays, il a été contraint de se déplacer entre l'Éthiopie, la Suède et l'Arabie saoudite – expériences qui ont forgé son caractère et lui ont conféré une capacité exceptionnelle d'adaptation à différents environnements sans renier son identité culturelle.

Test d'intégrité et développement du leadership
Alors qu'il travaillait sur un immense projet de production d'électricité en Arabie saoudite, Tsvazgi a traversé une grave crise professionnelle après avoir fait l'objet d'une enquête de 11 mois suite à des différends administratifs et à des accusations concernant son intégrité.
Malgré les pressions, il a maintenu une politique de transparence et de gouvernance rigoureuse, et l'enquête s'est conclue par son acquittement total. Cette expérience a été un tournant décisif qui a renforcé sa conviction que le véritable leadership repose sur des principes, et non sur le pouvoir.
« The African Dream Team » change les règles du jeu
Lorsqu'il a pris la direction de General Electric Africa, il a pris la décision audacieuse de mettre fin au recours aux intermédiaires et aux agents et de les remplacer par des dirigeants africains locaux possédant une connaissance plus approfondie des marchés, des cultures et des besoins réels des clients. Il a baptisé cette stratégie « l'équipe de rêve africaine ».
Cette transformation a permis de réduire les coûts et d'accroître la confiance des gouvernements et des clients, et a étendu l'activité de l'entreprise dans les domaines de l'énergie, de la santé, de l'aviation et des infrastructures, faisant de l'Afrique l'une des régions les plus dynamiques et les plus rentables de l'entreprise.
L'intégration est un avantage concurrentiel, et non un simple slogan d'entreprise.
Tsvazgi estime que le succès des institutions est lié à leur capacité à tirer parti de la diversité et à valoriser les talents locaux, et il prévient que les préjugés traditionnels n'ont pas disparu, mais ont pris des formes plus complexes, notamment dans les systèmes d'intelligence artificielle et les processus de recrutement numériques.
Son message le plus important reste que le talent existe partout, mais que les opportunités ne sont pas toujours offertes de manière égale, et que l'autonomisation des talents locaux n'est pas seulement une obligation morale, mais l'un des secrets les plus importants du succès et d'une croissance durable sur les marchés mondiaux.



