De la stigmatisation aux moyens de subsistance : le parcours des conductrices de pousse-pousse en Sierra Leone
Surmonter les obstacles pour trouver un moyen de subsistance en Sierra Leone

Il y a quelques années, voir une femme conduire une voiture pour gagner de l'argent en Afrique relevait de l'imagination, mais en 2026, c'est devenu normal en raison des pressions financières et des difficultés de subsistance que subissent les femmes, qui les ont poussées à investir des domaines qui, jusqu'à il y a quelques années, étaient réservés aux hommes.
En Sierra Leone, les femmes conduisent les transports en commun.
Dans un contexte de transformations sociales et économiques rapides, les femmes en Sierra Leone ont commencé à investir le secteur des transports publics en conduisant des pousse-pousse, une initiative qui défie les restrictions sociales et ouvre une nouvelle voie à leur émancipation.

À Freetown, la capitale, selon un rapport publié par l'Associated Press, la conduite de keke cars n'est plus l'apanage des hommes, car un nombre croissant de femmes travaillent dans ce secteur, malgré les difficultés liées à la perception de la société quant à la nature de ce travail.
L’histoire d’Hawa Mansarai, une mère célibataire de 27 ans, illustre parfaitement cette transformation, car après de multiples expériences professionnelles, elle a trouvé dans cette profession une source de revenus stable et la possibilité de subvenir aux besoins de son enfant.
Une femme conduit une charrette en Sierra Leone
Ce phénomène survient dans un contexte de dépendance croissante aux pousse-pousse comme principal moyen de transport, notamment en raison de la faiblesse des infrastructures de transport public à Freetown, qui a connu une forte croissance démographique dépassant 1,5 million d'habitants, ce qui dépasse la capacité des services actuels à les accueillir.
Malgré les critiques dont ce mode de transport fait l'objet en matière de sécurité et de qualité des véhicules, il jouit toujours d'une grande popularité en raison de son accessibilité et de son faible coût par rapport aux autres moyens de transport.
La kikia n'est plus seulement un moyen de transport, mais est devenue un symbole de la capacité des femmes à briser les barrières traditionnelles et à pénétrer des domaines qui leur étaient fermés, renforçant ainsi leur rôle économique et social.
Cette expérience témoigne d'une transformation progressive de la société sierra-léonaise, où les femmes contribuent à remodeler le marché du travail et prouvent leur capacité à rivaliser dans des secteurs longtemps dominés par les hommes, dans un contexte de défis économiques persistants que le pays s'efforce de surmonter depuis la fin de la guerre civile.



