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Entre recettes et inclusion financière : l’Afrique redéfinit ses politiques fiscales relatives à la monnaie numérique.

Les pays africains recherchent un équilibre entre l'augmentation des recettes fiscales et

Écrit par Mohamed Omran

Avec l'expansion rapide des services de paiement mobile dans AfriqueLes gouvernements sont confrontés à une équation complexe entre la nécessité d'accroître les recettes fiscales et de maintenir la dynamique de la croissance numérique et de l'inclusion financière.

L'Afrique est en train de remanier ses politiques fiscales relatives à la monnaie numérique.

Les portefeuilles électroniques sont devenus un outil indispensable pour des millions d'Africains effectuant leurs transactions quotidiennes. L'expérience de plusieurs pays a démontré que l'imposition de taxes élevées sur les transferts numériques peut avoir des effets contre-productifs, notamment une baisse de l'utilisation des services électroniques et un retour à l'économie informelle basée sur les transactions en espèces. Face à ce constat, les pays africains et les institutions internationales s'orientent vers une réévaluation des politiques fiscales numériques, afin de trouver un modèle qui concilie la stimulation de l'économie numérique et la garantie de ressources financières durables pour l'État.

 

L’appel à une taxation modérée de l’argent mobile prend de l’ampleur en Afrique, car il semblerait qu’une taxation excessive des transactions numériques entraîne souvent une baisse significative de leur utilisation et un retour aux économies basées sur les espèces.

En Ouganda, l'imposition d'une taxe 1% en 2018 a conduit près de la moitié des utilisateurs à abandonner le service en deux semaines, tandis qu'au Ghana, la taxe sur les transferts électroniques a été entièrement supprimée en avril 2025 suite à une forte baisse du volume des transactions et à la colère du public.

 

Ces cas mettent en lumière un consensus croissant parmi les institutions internationales, telles que le Fonds monétaire international et la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, selon lequel, bien que les services de paiement mobile constituent une source de revenus attrayante pour les gouvernements endettés, l'imposition de taxes élevées pourrait par inadvertance réduire la base fiscale en repoussant l'économie vers le secteur informel, difficile à suivre, des transactions en espèces.

Au lieu de cibler directement les transactions, une nouvelle vague de stratégies financières se concentre sur l'utilisation des 514 millions de comptes de paiement mobile actifs en Afrique subsaharienne comme outil de formalisation de l'économie.

Des recherches menées en 2025 indiquent une forte corrélation positive entre des niveaux plus élevés d'inclusion financière et la croissance des recettes fiscales globales, ce qui suggère que des coûts de transaction plus faibles encouragent une utilisation plus large des documents numériques nécessaires au respect des obligations fiscales.

Le Kenya est apparu comme un modèle alternatif réussi, utilisant les données de paiement mobile et l'intelligence artificielle pour lutter contre la fraude à la TVA, une mesure qui a réduit la fraude d'environ 301 000 milliards de dollars sans imposer de fardeau financier direct aux populations à faible revenu, qui dépendent principalement des portefeuilles numériques.

Politiques fiscales relatives à la monnaie numérique

Le débat parmi les décideurs politiques africains s'est déplacé de la question de la taxation de l'économie numérique à celle de la manière de le faire sans nuire aux groupes les plus vulnérables.

Alors que des pays comme le Zimbabwe dépendent encore fortement des taxes sur les transferts de fonds comme source de revenus, d'autres pays comme le Rwanda et l'Afrique du Sud privilégient de plus en plus les systèmes de conformité basés sur les données plutôt que les frais directs.

Le plus grand défi pour ces administrations est de tirer parti de la finance numérique comme infrastructure pour une croissance économique à long terme, tout en veillant à ce que la recherche de gains financiers immédiats ne compromette pas les systèmes qui ont permis à des millions de citoyens non bancarisés d'intégrer le système financier formel.

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