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L’immigration dans le football : comment les doubles nationalités ont-elles modifié le paysage compétitif de la Coupe du monde ?

L'immigration est la clé du succès à la Coupe du monde

Écrit par Ziad Abdel Fattah :

Arrivée Équipe nationale du Maroc Atteindre les demi-finales de la Coupe du monde 2022 n'est pas seulement un exploit sportif historique, mais aussi un moment charnière qui a relancé le débat sur le rôle de l'immigration dans la formation des équipes nationales.

Avant le début du tournoi, les “ Lions de l'Atlas ” ne figuraient pas parmi les favoris, l'équipe étant classée 22e mondiale et n'ayant jamais dépassé les huitièmes de finale. Cependant, elle a surpris le monde entier en éliminant des équipes majeures telles que la Belgique, l'Espagne et le Portugal, devenant ainsi la première équipe africaine à atteindre les demi-finales.

Quatorze des vingt-six joueurs de l'équipe nationale marocaine sont nés à l'étranger.

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Comment les doubles nationalités ont-elles modifié le paysage compétitif de la Coupe du monde ?

Derrière cette performance, un facteur remarquable est apparu : 14 des 26 joueurs de l'équipe du Maroc étaient nés à l'étranger, soit le pourcentage le plus élevé parmi les équipes du tournoi, soulignant l'impact des joueurs de la diaspora dans le football moderne.

Cette tendance ne se limite pas au Maroc, mais s'accentue à l'échelle mondiale. À l'approche de la Coupe du monde 2026, on estime qu'environ un quart des joueurs participants sont nés dans un pays autre que celui qu'ils représentent, un phénomène inédit qui témoigne de profonds bouleversements dans la structure du football international.

Dans certaines équipes nationales, ces pourcentages dépassent largement cette moyenne, comme par exemple l'équipe nationale de Curaçao qui repose presque entièrement sur des joueurs nés à l'étranger, tandis que des équipes nationales telles que la République démocratique du Congo et le Maroc comptent des pourcentages élevés de joueurs issus de la diaspora.

Historiquement, ce phénomène n'était pas nouveau, mais il s'est structuré depuis que la FIFA a établi des règles claires concernant l'éligibilité à représenter les équipes nationales en 1962. Aujourd'hui, les joueurs bénéficient de règles qui leur permettent de représenter des pays liés à leurs racines familiales ou à leur lieu de résidence.

De nombreux exemples se distinguent, comme celui d'Ivan Rakitic, né en Suisse mais qui a choisi de représenter la Croatie par sentiment d'appartenance, et celui de Pepe, né au Brésil et devenu un pilier de l'équipe nationale portugaise après avoir obtenu la nationalité.

L’impact ne se limite pas aux joueurs nés à l’étranger, mais s’étend à la deuxième génération d’immigrants, comme l’a clairement démontré l’équipe nationale française qui a remporté la Coupe du monde 2018 et qui comptait un grand nombre de joueurs d’origine africaine.

Ces formations reflètent une histoire plus profonde de migrations et de liens coloniaux, comme en France, ou l'impact des conflits et des migrations forcées, comme en Suisse avec des joueurs d'origine yougoslave.

En Angleterre, l'équipe de 2026 reflète la diversité de la communauté, avec un grand nombre de joueurs issus de l'immigration, tandis que des joueurs nés en Angleterre représentent d'autres équipes nationales à travers le monde.

Mais la question la plus importante est : cette diversité a-t-elle une incidence sur les performances sur le terrain ?

Des études récentes suggèrent une corrélation positive. Les recherches ont montré que les équipes nationales comptant des joueurs issus de l'immigration ont tendance à obtenir de meilleurs résultats, chaque joueur étranger supplémentaire étant associé à une légère augmentation du nombre de matchs disputés par l'équipe dans le tournoi.

D'autres études ont également montré que la diversité au sein d'une équipe améliore les performances offensives et défensives, grâce à la variété des compétences et des parcours, ce qui se reflète de manière significative dans la différence de buts.

Les analystes estiment que la migration a deux effets principaux : élargir le vivier de joueurs disponibles pour les équipes nationales et bénéficier de différentes écoles de football, ce qui crée un mélange technique et physique plus intégré.

Cependant, ce facteur ne suffit pas à expliquer le succès de l'Argentine. Celle-ci a remporté la Coupe du monde 2022 sans s'appuyer sur des joueurs nés à l'étranger, grâce à d'autres atouts tels que la qualité de ses joueurs, sa stabilité technique et la présence d'une star comme Lionel Messi.

En définitive, la migration n'est peut-être pas le seul facteur déterminant, mais elle est sans aucun doute devenue l'un des éléments les plus importants qui façonnent le rapport de force dans le football moderne. Les équipes nationales s'appuyant de plus en plus sur les joueurs issus de la diaspora, le paysage compétitif de la Coupe du monde ne semble plus se limiter aux frontières nationales, mais s'étend désormais à travers les continents.

 

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