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Le général de division Samir Farag, dans une interview accordée à “ Zoom Africa News ” : De l’épopée d’octobre à la bataille de Taba… Leçons de libération et de construction de l’avenir

Journée de la libération du Sinaï

Interview réalisée par : Mohamed Ragab

L’Égypte célèbre aujourd’hui un joyeux anniversaire : la libération de son territoire. égyptienLa guerre d'Octobre, qui a incarné les plus grandes victoires de l'Égypte à l'époque moderne, n'est pas qu'un souvenir fugace, mais un moment charnière de l'histoire nationale. Ce jour marque l'aboutissement d'une longue lutte qui a débuté avec la défaite de juin 1967 et s'est poursuivie avec la victoire d'octobre 1973 et les négociations qui ont suivi, prouvant… Egypte Sa force ne se limite pas aux armes, mais s'étend à la diplomatie et à la légitimité internationale, jusqu'à ce qu'elle remporte la victoire totale et reconquière chaque pouce de son territoire.

Dans ce contexte, le site web “ Zoom Africa News ” a mené une interview avec le major-général Samir Farag, l'un des héros de la glorieuse guerre d'Octobre, afin de relater les détails de cette épopée et de la bataille diplomatique qui a suivi pour récupérer les terres que l'occupation avait tenté de s'emparer, mais auxquelles l'Égypte a résisté fermement jusqu'à remporter une victoire totale.

Pour commencer, comment l'Égypte a-t-elle entamé son processus de reconquête de ses terres, de la défaite de juin jusqu'à la reprise de Taba ?

Les premiers pas de ce processus ont débuté après la défaite de juin 1967, lorsque Israël a occupé toute la péninsule du Sinaï. Dès lors, l'Égypte a mené une guerre d'usure qui a duré environ six ans, durant laquelle elle est parvenue à réorganiser et à réarmer ses forces armées, à évacuer les villes du canal de Suez et à construire le système de défense antimissile qui assurait la protection des forces égyptiennes.

Le dixième jour du Ramadan, le défunt président Mohamed Anouar el-Sadate prit sa décision historique de prendre d'assaut le canal de Suez et de détruire la ligne Bar-Lev, permettant ainsi aux forces armées d'établir cinq têtes de pont sur la rive orientale du canal.

حرب أكتوبر
Guerre d'Octobre

Avec la cessation des combats le 28 octobre 1973, commença la difficile phase des négociations, au cours de laquelle furent signés les premier et deuxième accords de désengagement, puis les négociations de paix, qui aboutirent aux accords de Camp David, confirmant la force diplomatique de l'Égypte sous la direction du président Sadate.

Ainsi, grâce au sang, aux efforts et à la détermination de ses fils, l'Égypte a recouvré les terres occupées par la guerre, la paix et la négociation, à l'exception de Taba. Israël a retardé son retrait, arguant que la ville se situait hors des frontières égyptiennes. Cependant, l'Égypte n'est pas restée inactive et a pu prouver sa souveraineté. Taba a été officiellement restituée le 15 mars 1989 et le drapeau égyptien y a été hissé le 19 mars 1989. Ce fut un moment historique pour l'Égypte, lorsque le drapeau égyptien flotta sur le dernier pouce de terre du Sinaï.

Parlez-nous de la crise de Taba et de la façon dont elle s'est terminée en faveur de l'Égypte... et quelles leçons en ont été tirées ?

La première annonce du problème de Taba remonte à mars 1982, un mois avant le retrait israélien du Sinaï. Israël a longtemps temporisé et tenté d'imposer un fait accompli en construisant des infrastructures touristiques, mais l'Égypte a insisté sur le recours à l'arbitrage international conformément à l'accord de paix.

Après des années de débats et de présentation de preuves, le tribunal arbitral international a rendu son verdict en septembre 1988, confirmant la souveraineté de l'Égypte sur l'intégralité de son territoire. En mars 1989, le drapeau égyptien flottait sur le dernier pouce du Sinaï, un événement historique capital.

طابا
Taba

La leçon la plus importante est que les droits ne se perdent jamais tant qu'il y a des personnes qui les revendiquent. L'expérience a également confirmé la nécessité de défendre ces droits de manière compréhensible par tous, en s'appuyant sur les voies juridiques et diplomatiques, en complément de la force militaire. De plus, elle a mis en lumière l'importance des experts et des spécialistes, d'une connaissance approfondie de l'adversaire et d'une gestion efficace des crises grâce au travail d'équipe.

Que pensez-vous du discours prononcé aujourd'hui par le président Abdel Fattah al-Sisi à l'occasion du 44e anniversaire de la libération du Sinaï ?

Le discours du président Sissi était d'une importance capitale car il a exposé la stratégie égyptienne pour la période à venir. Le président a souligné que la paix est un choix stratégique pour l'Égypte et que le pays ne souhaite pas la guerre, car celle-ci signifierait l'arrêt de la construction, des investissements et du développement. L'Égypte aspire à la paix pour favoriser son développement et dispose par ailleurs d'une armée forte et puissante qui garantit cette paix.

Le président a également clairement indiqué que le règlement du problème palestinien est la base de la sécurité et de la stabilité à Gaza et dans la région.

Il a évoqué l'accord de paix conclu à Charm el-Cheikh, dont la première phase a été mise en œuvre, et a déclaré que l'objectif est désormais d'appliquer les deuxième et troisième phases, notamment le retrait d'Israël et le début de la reconstruction. Le président a également souligné que le déplacement des Palestiniens constitue une ligne rouge, expliquant que l'Égypte accueille environ 10 millions de réfugiés et assume sa responsabilité à leur égard sans les exploiter ni recevoir de compensation financière, contrairement à certains autres pays.

Quelle situation vous a fait pleurer de joie pendant la guerre d'Octobre et la libération du Sinaï ?

Il était 14h45, juste avant l'heure H, et avant le début de l'attaque pour franchir la ligne Bar-Lev. À chaque point fortifié de cette ligne se trouvaient des tuyaux remplis de napalm, conçus pour enflammer l'eau et transformer les soldats qui la franchissaient en boules de feu, mais les nageurs de combat descendaient dans l'eau pour bloquer ces tuyaux, et il y en avait entre trois et quatre à chaque point.

À un moment donné, nous avons constaté que le nombre de blessés était supérieur aux prévisions, et ce fut une véritable catastrophe. À cet instant, un soldat s'est avancé et a proposé de bloquer lui-même le tuyau, sachant pertinemment qu'il allait à sa mort, mais il ne voyait pas d'autre moyen de sauver ses camarades et de sécuriser la traversée. Ce geste m'a profondément ému, jusqu'aux larmes, et m'a aussi empli de fierté et de joie, car il incarnait le sens du sacrifice pour la victoire.

Comment décririez-vous les transformations dont le Sinaï a été témoin durant vos années de service ? Et quels sont vos souvenirs les plus marquants de sa libération et de ses héros ?

Mon service dans le Sinaï a débuté après ma sortie de l'Académie militaire en 1961. À l'époque, ce n'était qu'un désert aride et des montagnes désolées. Je prenais le train de Qantara à Ismaïlia jusqu'à El Arish, et je ne voyais que l'immensité vide. Mais lorsque j'ai pris le commandement d'un bataillon en 1982, la vie a peu à peu commencé à s'y animer, et aujourd'hui, nous assistons à une transformation remarquable : des fermes, des villes et une communauté pleinement intégrée.

Mes souvenirs de la libération du Sinaï sont inoubliables. Elle s'est déroulée en plusieurs étapes, à commencer par la guerre d'Octobre 1973, au cours de laquelle nous avons reconquis une partie de notre territoire. L'étape suivante fut politique, aboutissant à l'accord de paix de 1979, par lequel Israël s'est retiré progressivement jusqu'à Taba. Là, Israël a refusé de se retirer, affirmant que Taba n'était pas un territoire égyptien. Cela a conduit à une bataille diplomatique plutôt que militaire, et nous avons eu recours à l'arbitrage international, qui a confirmé la souveraineté de l'Égypte sur l'ensemble du Sinaï. En 1989, le drapeau égyptien flottait sur le dernier pouce du Sinaï, faisant de l'Égypte le seul pays de la région à avoir entièrement libéré son territoire.

C'est un grand honneur pour nous, et le soldat égyptien demeure le plus honorable et le plus noble au monde, prêt à sacrifier sa vie pour sa patrie. Je me souviens que nos soldats sont restés en état d'alerte constant pendant cinq mois, fusils et grenades à la main, répétant sans cesse : “ Ils ne passeront que sur nos cadavres. ” C'est cet esprit combatif qui a permis la victoire et le retour du Sinaï au sein de la patrie.

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