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Kigali, la capitale rwandaise, se prépare à lancer le plus grand rassemblement du secteur privé d'Afrique.

Des dialogues de haut niveau réunissent les principaux acteurs économiques et décideurs du continent.

Écrit par Ziad Abdel Fattah :

Kigali, la capitale du Rwanda, se prépare à lancer le Forum des PDG africains, le plus grand rassemblement du secteur privé en Afrique, les 14 et 15 mai, à un moment où l'Afrique ne souhaite plus être perçue comme une arène de compétition entre puissances mondiales, mais aspire à être reconnue comme un acteur économique, industriel et politique à part entière.

Le président rwandais Paul Kagame a reçu dans la capitale une délégation conduite par les hommes d'affaires égyptiens Ahmed El Sewedy, PDG d'El Sewedy Electric, et Hossam El Shaer, président de Sunrise Cruises et de Madar Resorts. KigaliEn marge du Forum des PDG africains, qui se tiendra dans la capitale Kigali les 14 et 15 mai 2026.

La réunion a porté sur le développement des investissements au Rwanda, notamment dans les domaines des énergies durables, du développement des infrastructures et des opportunités offertes par les secteurs industriel et hôtelier.

Kigali, la capitale du Rwanda, se transformera en Davos de l'Afrique (Davos étant la ville suisse qui accueille le Forum économique mondial), car le Forum des PDG africains de 2026 réunira plus de 2 500 participants, dont des chefs d'entreprise, des investisseurs, des ministres, des institutions financières et des décideurs du secteur public, représentant les acteurs économiques les plus importants du continent, et leur donnera l'occasion d'engager un dialogue avec leurs partenaires mondiaux.

Ce sommet de deux jours, le plus grand rassemblement du secteur privé en Afrique, attire des discussions, des dialogues et des engagements stratégiques de haut niveau axés sur le rôle du secteur privé dans la stimulation de la croissance économique, des investissements et du développement sur le continent.

Des forums comme celui-ci permettent aux pays africains de présenter leurs opportunités d'investissement, de renforcer leurs partenariats et de promouvoir le potentiel économique du continent.

Le débat porte sur une question précise : l’Afrique peut-elle constituer le bloc nécessaire pour devenir un acteur central du système géoéconomique mondial des pays émergents ?

L’Afrique dans le nouvel ordre géoéconomique

Ces dernières années, la perception du continent a évolué. Il n'est plus envisagé sous l'angle des ressources naturelles, de la démographie ou des perspectives d'avenir, mais est devenu un acteur central de la transformation des secteurs de l'énergie, de la sécurité alimentaire, des matières premières essentielles, des infrastructures numériques et de la restructuration des chaînes de valeur mondiales.

La nouveauté réside dans le fait que de nombreux pays africains ne se contentent plus de recevoir des flux d'investissement, mais cherchent plutôt à renforcer leur pouvoir de négociation, à accroître la valeur ajoutée qu'ils y consacrent, à développer des entreprises leaders à l'échelle du continent et à tirer parti de la concurrence entre acteurs externes pour étendre leur indépendance stratégique. L'ordre du jour du forum reflète clairement cette évolution.

La séance d'ouverture repose sur le postulat d'une réorganisation du commerce mondial, d'un déclin du multilatéralisme et d'une dépendance croissante à l'égard de la taille compétitive comme forme de protectionnisme.

Le défi consiste à transformer la propriété partagée en une réalité économique tangible en promouvant le capital africain, les infrastructures partagées et des règles capables de soutenir un marché continental.

L'ordre du jour du Forum de Kigali montre comment la discussion devient concrète grâce à une session consacrée à la centralité des ports, des corridors, de l'énergie, des centres de données, des paiements, des soins de santé, de la mobilité, de l'agroalimentaire, de la logistique et de l'industrie.

Une table ronde intitulée “ Voir plus grand – Entrer dans une nouvelle ère des mégaprojets en Afrique ” se concentre sur une nouvelle génération de projets d'infrastructures transformateurs, du corridor de Simandu à l'interconnexion entre la Zambie, la Tanzanie et le Kenya, en passant par le développement des ports marocains et le câble sous-marin 2Africa.

La question fondamentale porte sur la manière de rendre ces projets financièrement viables et capables de générer des bénéfices à grande échelle.
L’énergie étant le deuxième pilier, la table ronde intitulée “ Du transport maritime aux kilowatts : le boom gazier africain peut-il alimenter l’Afrique ? ” aborde la question de savoir comment le gaz naturel – souvent destiné à l’exportation – peut soutenir la capacité de production nationale.

Cela est lié au “ lien minéraux-énergie ” : l’intégration des secteurs minier, énergétique et industriel, comme le démontrent les projets menés en Zambie, en République démocratique du Congo et en Namibie, visant à lier les énergies renouvelables, le traitement des minéraux et le développement industriel.
L’infrastructure numérique constitue le troisième champ de bataille. Le rapport “ L’essor des robots ” portera sur les centres de données, les systèmes de cloud computing souverains, l’identité numérique et les plateformes de paiement.

L'investissement est une question centrale du forum

كيغالي عاصمة رواندا تستعد لبدء فعاليات أكبر تجمع للقطاع الخاص في إفريقيا
Kigali, la capitale du Rwanda, se prépare à lancer le plus grand rassemblement du secteur privé en Afrique.

L'investissement est un enjeu central du forum. Une session consacrée à la nouvelle vague de flux de capitaux Sud-Sud a mis en lumière le rôle croissant des États du Golfe dans les nouveaux projets en Afrique, notamment dans les secteurs de l'énergie et des infrastructures. Le défi consiste à attirer les investissements sans reproduire les déséquilibres du passé.

Rome souhaite inscrire sa relation avec l'Afrique dans un dialogue plus large.

Dans ce contexte, l’Italie a l’opportunité de se présenter à Kigali avec une proposition conforme à ses traditions industrielles et diplomatiques, car la présence de l’événement parallèle “ Italie-Afrique : Partenariat pour une croissance durable ” au programme du 15 mai reflète la volonté de Rome d’inscrire sa relation avec l’Afrique dans un dialogue plus large sur la croissance durable, l’investissement et les partenariats économiques à long terme.

Si le concept de “ propriété partagée ” constitue le principe fondamental, l’Italie pourrait privilégier une approche originale fondée sur des partenariats moins hiérarchisés, plus industrialisés et plus ancrés dans la communauté locale. Il s’agit non seulement d’infrastructures et de technologies, mais aussi de relations à long terme combinant capitaux, savoir-faire, formation et renforcement des capacités locales.

On ne s'attend pas à ce que des réponses définitives soient apportées à Kigali, mais plusieurs indicateurs méritent d'être suivis de près. Le premier concerne la capacité de l'Afrique à transformer la concurrence entre les acteurs mondiaux en un espace plus vaste pour l'initiative indépendante, et le second, l'Accord de libre-échange continental africain et sa capacité à produire des effets concrets.

Faciliter la circulation des marchandises, accroître l'efficacité des échanges de capitaux, établir des règles plus prévisibles et permettre aux entreprises de sortir du cadre de leurs marchés nationaux.

Le troisième point concerne l'Italie elle-même, où Kigali offre l'opportunité de comprendre si l'Italie peut devenir plus durable, industrialisée et stratégiquement importante – non pas une présence construite sur des dossiers isolés, mais une présence capable d'accompagner des projets à l'échelle continentale grâce à une conception partagée, une valeur partagée et une responsabilité à long terme.

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