La République centrafricaine prévoit de créer un corridor d'importation de carburant à travers le Congo
Le projet vise à diversifier les sources d'approvisionnement.

La République centrafricaine envisage une refonte complète de ses chaînes d'approvisionnement en carburant. À cet égard, des discussions ont eu lieu entre le ministre des Hydrocarbures, Arthur Bertrand Biry, et son homologue congolais, Bruno Jean Richard Etoua, concernant le projet de corridor énergétique reliant la côte atlantique à Bangui, avec Pointe-Noire comme plaque tournante.
Les discussions portent essentiellement sur un plan visant à établir un système de réception, de stockage et de transport des produits pétroliers depuis la côte congolaise jusqu'au marché d'Afrique centrale.
chaîne logistique
Les deux parties ont chargé leurs agences techniques respectives d'élaborer les modalités de mise en œuvre. L'objectif est de créer un plan opérationnel détaillé couvrant l'ensemble de la chaîne logistique, depuis l'arrivée des hydrocarbures à Pointe-Noire jusqu'à leur distribution à Bangui, dans le respect de normes strictes de sécurité et d'efficacité.
Cette initiative vise à diversifier les voies d'approvisionnement, compte tenu de la forte dépendance au corridor Douala-Bangui. Actuellement, plus de 801 000 tonnes d'importations de la République centrafricaine transitent par le port camerounais de Douala, faisant de cet axe une voie vitale, mais aussi une source de risques.

Cette concentration expose la République centrafricaine à des risques opérationnels, notamment en cas de perturbations logistiques, ainsi qu'à des coûts de transit élevés que les acteurs économiques jugent onéreux.
Les alternatives régionales se heurtent à des contraintes structurelles.
La stratégie de l’Afrique centrale s’inscrit dans une tendance plus large touchant de nombreux pays enclavés de cette région. Confronté à des contraintes similaires, le Tchad a entamé ces dernières années des discussions avec divers partenaires côtiers, dont la Guinée équatoriale, le Bénin et l’Égypte, afin de diversifier ses accès portuaires.
Toutefois, le développement de ces itinéraires alternatifs demeure freiné par des obstacles structurels. La distance géographique est un facteur clé qui peut accroître les coûts logistiques, et elle implique également de traverser un ou plusieurs pays en développement pour atteindre l'infrastructure du port cible.

Dans le cas de l'Afrique centrale, les options de transit incluent le passage par le Cameroun, le Gabon ou la République du Congo. Pour le Tchad, atteindre la Guinée équatoriale, par exemple, nécessite de traverser le territoire camerounais.
Ces itinéraires nécessitent la négociation d'accords de transit solides avec les pays intermédiaires, condition indispensable à la viabilité de tout nouveau corridor.



