Que s'est-il passé ? Le Mali et l'Algérie mettent fin à une crise de 15 mois
Une étape surprenante : l'Algérie et le Mali rouvrent leur espace aérien et reprennent leurs relations

Écrit par : Badr Ahmed
Les relations entre le Mali et l'Algérie sont revenues à la normale après près de 15 mois de rupture diplomatique et de tensions sécuritaires, une démarche qui reflète un nouveau dégel entre les deux pays suite à la crise du crash d'un drone de reconnaissance de l'armée malienne en avril 2025, qui avait conduit à un échange de mesures d'escalade, à la fermeture des espaces aériens et au rappel des ambassadeurs.
Retour des relations entre le Mali et l'Algérie
Les autorités de Bamako et d'Alger ont annoncé vendredi la reprise complète des relations diplomatiques par le retour des ambassadeurs à leurs postes, ainsi que la réouverture de leurs espaces aériens à la circulation aérienne civile et militaire entre les deux pays, une mesure qui devrait relancer les contacts politiques, la circulation et la coopération régionale.
Le ministère de la Défense algérien a annoncé, dans un communiqué, que la décision de rouvrir l'espace aérien national aux avions maliens est entrée en vigueur le 10 juillet 2026, et concerne tous les vols en provenance ou à destination du Mali via diverses destinations internationales. Le ministère des Affaires étrangères algérien a également annoncé le retour de l'ambassadeur Kamal Reiteb à Bamako, en application des instructions du président Abdelmadjid Tebboune, plus d'un an après son rappel pour consultations.

En revanche, le gouvernement malien a annoncé la réouverture de son espace aérien à tous les avions civils et militaires à destination ou en provenance de l'Algérie, confirmant également le retour de son ambassadeur en Algérie, ce qui reflète une volonté commune de surmonter la phase de tension et de rétablir les canaux de communication diplomatique.
La crise avait éclaté début avril 2025, lorsque l'armée algérienne a annoncé avoir abattu un drone de reconnaissance qu'elle a déclaré avoir violé l'espace aérien algérien près de la zone frontalière de Tin Zaoutine, tandis que les autorités maliennes ont rejeté le récit algérien, affirmant que l'avion avait été abattu à l'intérieur du territoire malien, et qualifiant l'incident d'acte hostile. .

La crise a alors conduit à un échange de fermetures d'espaces aériens entre les deux pays selon le principe de réciprocité, tandis que le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont rappelé leurs ambassadeurs auprès de l'Algérie, et l'Algérie a rappelé ses ambassadeurs auprès du Mali et du Niger, ce qui a approfondi les dissensions au sein de la région du Sahel.
Ce rapprochement intervient dans un contexte de mutations régionales, notamment après l'amélioration des relations entre le Mali et le Niger et le Burkina Faso, dans le cadre d'efforts visant à réorganiser les équilibres régionaux et à renforcer la coordination sécuritaire.
Le dégel coïncide avec la persistance des différends concernant l'accord d'Alger pour la paix, signé en 2015, que les autorités militaires maliennes ont mis fin début 2024, estimant qu'il n'atteignait plus ses objectifs. L'Algérie, quant à elle, considère que l'accord représente l'un des piliers fondamentaux du soutien à la stabilité dans le nord du Mali, qui continue de faire face à des défis sécuritaires croissants en raison de l'activité de groupes armés et de mouvements séparatistes.



