Les Nations Unies avertissent : l'épidémie d'Ebola pourrait coûter 3,6 milliards de dollars à l'Afrique.
L'Ébola menace l'économie africaine en plus de la santé publique
Écrit par : Mohamed Ragab
Les Nations Unies ont averti que l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo pourrait entraîner des pertes économiques allant jusqu'à 3,6 milliards de dollars si elle s'étendait à d'autres pays africains, soulignant que la crise ne se limite plus à la santé, mais menace désormais le développement économique et la stabilité sociale du continent.
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a expliqué que la propagation continue du virus pourrait entraîner la perte d'environ 328 000 emplois et pousser près d'un million de personnes supplémentaires dans la pauvreté, si des mesures urgentes ne sont pas prises pour contenir la pandémie.
Trois scénarios pour les conséquences de la crise
Le rapport présentait trois scénarios possibles quant à l'impact de l'épidémie d'Ebola sur l'économie africaine, notant que le scénario le plus favorable serait le confinement de la maladie en République Démocratique du Congo et en Ouganda, ce qui entraînerait des pertes estimées à environ un milliard de dollars.
Quant au scénario le plus pessimiste, il suppose que la contagion se propage à d'autres pays tels que le Rwanda et l'Angola, parallèlement à la poursuite des perturbations sur les marchés mondiaux de l'énergie. Cela pourrait porter le volume des pertes économiques à environ 3,6 milliards de dollars, avec des répercussions généralisées sur le commerce, l'investissement et les chaînes d'approvisionnement.
Plus de 1300 cas depuis l'annonce de l'épidémie
Et selon les dernières données, la République démocratique du Congo a enregistré plus de 1 300 cas, dont 377 décès, depuis l'annonce de l'épidémie le 15 mai 2026, en plus d'un nombre limité de cas en Ouganda.
La flambée actuelle est due à une souche rare du virus Ebola, la souche “Bundibugyo”, pour laquelle il n'existe pas encore de vaccin ou de traitement approuvé, ce qui complique les efforts d'intervention sanitaire.
Appels à une réponse urgente
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a souligné que la rapidité d'intervention est le facteur décisif pour limiter les retombées, avertissant qu'un retard dans le confinement de la maladie pourrait transformer la crise sanitaire en une catastrophe pour le développement dont les répercussions s'étendront sur des années.
L'Organisation Mondiale de la Santé et les Centres Africains de Contrôle et de Prévention des Maladies ont également souligné la nécessité de renforcer le financement international, d'accroître les capacités de détection précoce et de suivi des contacts, et de soutenir les systèmes de santé dans les pays les plus vulnérables.
Le financement reste inférieur aux besoins
Bien que plusieurs entités internationales aient annoncé leur intention d'apporter de l'aide pour faire face à la crise, les responsables africains de la santé soulignent que le financement disponible reste bien inférieur aux besoins réels.
Les Centres africains pour le contrôle des maladies ont estimé les besoins de réponse à environ 1,4 milliard de dollars et ont demandé d'urgence 18 millions de dollars pour lancer des essais cliniques sur des traitements expérimentaux, qui pourraient aider à limiter la propagation de la maladie et à réduire la mortalité.



