Le président camerounais reste un mystère après son absence du pays pendant 54 jours.
Son absence sans précédent soulève des questions quant à son état de santé.

Écrit par : Mohammed Omran
Depuis le 7 juin 2026, le président camerounais Paul Biya n'a pas fait d'apparition publique dans son pays, s'étant rendu à Genève, en Suisse, avec son épouse pour ce que la présidence a qualifié de “ court séjour privé ”. Cependant, cette visite s'est prolongée pendant plus de 54 jours, devenant ainsi la plus longue absence du président du pays depuis son entrée en fonction en 1982, et soulevant des questions croissantes sur la gouvernance de l'État et l'avenir du pouvoir au Cameroun.

Paul Biya, âgé de 93 ans, est le chef d'État le plus âgé au monde et l'un des présidents ayant exercé le plus long mandat, dirigeant le Cameroun pendant plus de quatre décennies. Ces dernières années, il a fréquemment passé de longs séjours à l'étranger, notamment à Genève, mais son absence actuelle surpasse toutes les précédentes et a relancé le débat sur sa capacité à gouverner.
Que dit le gouvernement ?
Les autorités camerounaises ont insisté sur le fait que le président est en bonne santé, démentant les informations selon lesquelles il aurait été hospitalisé en Suisse. Elles ont affirmé qu'il continue d'exercer ses fonctions depuis l'étranger, signant des documents officiels et gérant les affaires de l'État normalement. La présidence a également précisé que cette visite était privée et ne devait susciter ni inquiétude ni spéculation.

Malgré ces déclarations, la présidence n'a publié aucune photo ni vidéo récente du président depuis son départ du pays, ce qui a contribué à la propagation de rumeurs sur les réseaux sociaux, notamment en raison de son absence prolongée des événements officiels au Cameroun.
L'opposition exige des explications.
Les partis et personnalités de l'opposition estimaient que l'absence prolongée du président créait un climat d'ambiguïté politique et appelaient le gouvernement à fournir au public des informations claires sur la situation du chef de l'État.
Certaines voix ont également plaidé pour la mise en place d'un mécanisme juridique précisant la procédure à suivre en cas d'absence prolongée ou d'incapacité temporaire du président de la République, tandis qu'un député de l'opposition a appelé le Conseil constitutionnel à examiner la question de la vacance du poste, ce qui a été rejeté par le gouvernement et le parti au pouvoir.
Le parti au pouvoir défend
Face aux critiques croissantes, le parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), a tenu une réunion exceptionnelle de sa direction, affirmant que les institutions de l'État fonctionnaient normalement et que l'absence du président ne créait pas de vide du pouvoir. Les responsables du parti ont également souligné que Paul Biya continuait d'exercer ses pouvoirs constitutionnels depuis l'étranger.
Pourquoi cette absence suscite-t-elle autant de controverses ?
La question devient de plus en plus sensible en raison de plusieurs facteurs, notamment l’âge avancé du président, l’absence de nomination d’un nouveau gouvernement depuis sa réélection en 2025 et l’absence d’un poste de vice-président nouvellement rétabli constitutionnellement, ce qui soulève des questions sur le mécanisme de gestion du pouvoir si cette absence se poursuit ou si des événements soudains surviennent.
Les observateurs estiment que cette situation ouvre la voie à un débat sur l'avenir de la transition du pouvoir et de la stabilité politique au Cameroun.

Quelqu'un sait-il quand ils reviendront ?
À ce jour, la présidence camerounaise n'a annoncé aucune date précise pour le retour de Paul Biya à Yaoundé, ni fourni de détails concernant la durée de son séjour en Suisse. Le gouvernement affirme que le président continue d'exercer ses fonctions normalement, tandis que l'opposition et une partie de la population réclament toujours plus de transparence quant à sa situation et son lieu de séjour.



