Les attaques contre les migrants en Afrique du Sud feront-elles l'objet d'une procédure devant la Cour pénale internationale ?
Après des années de violence, deux Ghanéens portent leur affaire contre l'Afrique du Sud devant la Cour pénale internationale.

Écrit par : Badr Ahmed
Deux citoyens ghanéens ont déposé une pétition auprès du Procureur de la Cour pénale internationale, exigeant une enquête sur les vagues répétées de violence visant les migrants et les étrangers en Afrique du Sud ces dernières années, arguant que ces attaques pourraient constituer des crimes contre l'humanité au sens du Statut de Rome.
La pétition, déposée le 15 juillet, émanait de l'ancien porte-parole du gouvernement ghanéen Balgrave Boakye Dankwah et de l'analyste en sécurité Emmanuel Kutin, qui ont souligné que son objectif était d'obtenir des comptes devant la justice après des années de violence contre les migrants africains en Afrique du Sud.
Deux Ghanéens ont porté plainte contre l'Afrique du Sud devant la Cour pénale internationale.
Kotten a déclaré à l'Associated Press que cette initiative était privée et ne bénéficiait d'aucun soutien officiel du gouvernement ghanéen, expliquant que les pétitionnaires demandaient simplement à la Cour pénale internationale d'enquêter sur ces allégations, compte tenu de la persistance des attaques contre des étrangers sans que les responsables ne soient tenus suffisamment responsables de leurs actes.
La pétition allègue qu'entre 2015 et 2026, l'Afrique du Sud a été le théâtre d'attaques généralisées et systématiques contre les migrants africains, notamment des meurtres, des agressions physiques, des pillages et des déplacements forcés, et souligne que les autorités n'ont pas pris de mesures efficaces pour prévenir ces violences ni pour poursuivre les auteurs de manière dissuasive.

Au cours des deux dernières décennies, l'Afrique du Sud a connu des vagues répétées de violence xénophobe, certains manifestants accusant les immigrés d'être responsables des taux élevés de chômage, de criminalité et de la saturation des services publics. À plusieurs reprises, cela a conduit à des manifestations et des émeutes visant les commerces et les habitations des immigrés, faisant des morts et des blessés.
Ces événements ont également incité des pays africains, dont le Nigeria, le Ghana et le Malawi, à organiser des opérations d'évacuation de leurs citoyens d'Afrique du Sud, en plus de prendre des mesures diplomatiques, notamment le rappel de leurs représentants diplomatiques pour consultations.
La Cour pénale internationale a confirmé à l'Associated Press avoir reçu la notification, expliquant que le Statut de Rome autorise les personnes physiques et morales à soumettre des informations sur d'éventuels crimes au Bureau du Procureur, qui évalue si les faits remplissent les conditions légales pour l'ouverture d'une enquête.
Toutefois, le dépôt d'une plainte n'entraîne pas automatiquement l'ouverture d'une enquête formelle. Le procureur doit en effet examiner les informations fournies et évaluer la compétence du tribunal ainsi que l'existence d'une base légale raisonnable pour engager des poursuites. Il convient de noter que le tribunal reçoit chaque année un grand nombre de plaintes, dont seules quelques-unes font l'objet d'une enquête formelle.


