Le Kenya arrête des manifestants lors de la marche “Saba Saba” et ferme la capitale
Ahmed Salem
La police kényane a interdit une marche prévue mardi à Nairobi pour le « Saba Saba Day», arrêtant des manifestants et bouclant la capitale, alors que le gouvernement du président William Ruto intensifie sa répression de l'opposition sur fond de colère persistante contre la brutalité policière, les difficultés économiques et la restriction des libertés civiles.
La police kenyane a interdit la marche « Saba Saba » prévue à Nairobi et a mis en place des postes de contrôle, déployé des agents en civil et des véhicules banalisés pour empêcher les manifestants de se rassembler.

Marche pacifique en mémoire du 7 juillet 1990
Le Mouvement pour la Justice Économique a annoncé une marche pacifique pour commémorer le 7 juillet 1990, date à laquelle les Kényans sont descendus dans la rue pour réclamer la démocratie multipartite.
La.
Les journalistes de l'Agence France-Presse ont vu au moins trois personnes être emmenées dans une voiture banalisée et un fourgon de police alors qu'elles tentaient de s'adresser à la foule.
Un jour historique devient un rassemblement
Le 7 juillet est connu sous le nom de Saba Saba, ce qui signifie “sept sept” en swahili, et cette journée symbolise depuis longtemps la lutte du Kenya pour les réformes démocratiques.
Mais ces dernières années, cet anniversaire est devenu le point de ralliement de manifestations plus larges contre la corruption, la hausse du coût de la vie et les allégations de brutalités policières sous le mandat du président William Ruto.
Le gouvernement a adopté une attitude de plus en plus répressive à l'égard des manifestations, à la suite des manifestations antigouvernementales qui ont éclaté en 2024 et qui ont fait des victimes.
Les organisateurs mettent en lumière les violations des droits de l'homme
Le mouvement Justice.

Elle a également attiré l'attention sur l'aggravation de la crise économique dans le pays et la diminution des opportunités offertes aux jeunes, soulignant que ces questions restaient en suspens malgré les appels répétés en faveur de la responsabilisation et des réformes.
La peur fait fuir la foule
Le renforcement des mesures de sécurité n'a pas été le seul facteur à avoir limité la participation ; en effet, de nombreux Kenyans ont hésité à se joindre aux manifestations après la multiplication des incidents violents et sanglants.
Et selon des chiffres publiés par le comité de surveillance de la police kenyane, au moins 127 personnes ont été tuées lors des périodes de protestation en juin et juillet 2024 et de nouveau en 2025.
“Il y a un sentiment général d'épuisement”, a déclaré à l'AFP Wanjira Wanjiro du Mathari Centre for Social Justice, reflétant la peur croissante dans le public après des mois de troubles.



