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Le Dr Hossam Abdel Ghaffar écrit : La transparence, une dot d'une valeur inestimable

Ces derniers jours, un incident largement médiatisé a profondément choqué et troublé la conscience collective : une femme a découvert après son mariage qu'elle avait contracté une infection que son mari connaissait mais lui avait dissimulée, avec la complicité de son entourage, craignant un scandale. Je ne m'attarderai pas sur les détails de cette affaire ; ces détails relèvent de la responsabilité des personnes concernées et des autorités compétentes. Cependant, je m'attarderai longuement sur la question que cet incident pose à chaque foyer égyptien : sur quels fondements bâtissons-nous nos foyers ? Et est-il permis que le lien le plus sacré dans la vie d'une personne commence par la plus grande trahison de la vérité ?
Le mariage, par essence, n'est pas un simple contrat de vie commune, mais un contrat de transparence. C'est la transparence du cœur lorsqu'on révèle ses intentions, la transparence quant à sa situation lorsqu'on reconnaît ses capacités, et la transparence quant à sa santé lorsqu'on se dévoile pleinement à l'autre, en disant : « Voici qui je suis ; choisis-moi en toute conscience. » Ce choix éclairé fait toute la différence entre un amour durable et une illusion qui s'effondre à la première épreuve. Un amour qui ne supporte pas la vérité ne peut être un soutien pour la vie.
Voici comment je comprends la philosophie qui sous-tend l'examen prénuptial, et j'espère qu'il sera compris dans son sens originel, et non tel qu'il a été déformé. Cet examen n'est ni une inquisition visant à déceler les défauts, ni une barrière qui se ferme à quiconque. C'est une question bienveillante que l'État pose à chaque jeune homme et chaque jeune femme : « Avez-vous les connaissances nécessaires pour bâtir une vie solide ? » Il ne s'agit pas de savoir si l'on mérite de se marier, mais plutôt de se demander si l'on possède les connaissances nécessaires pour protéger la personne que l'on aimera.
Depuis le lancement de cette initiative par le Président en février 2023, plus de cinq millions et demi de jeunes, hommes et femmes, en ont bénéficié grâce à 363 centres de santé répartis dans tout le pays. L'initiative propose bien plus qu'un simple dépistage : elle offre un parcours de soins complet. Une consultation pré-test permet aux personnes de comprendre la nature du test et son utilité, suivie d'une consultation privée pour l'explication des résultats. En cas d'infection détectée, les patients ne sont pas laissés à eux-mêmes avec un simple document, mais sont immédiatement orientés vers un parcours de soins au sein du système de santé. L'ensemble de ces services est proposé à un prix symbolique, largement pris en charge par l'État, qui a bien compris que chaque euro investi dans la prévention permet d'économiser au pays et à ses familles d'innombrables coûts liés aux retards de traitement et aux souffrances différées.
Mais permettez-moi d'aborder la plaie ouverte par cet incident largement médiatisé, une plaie non pas du système lui-même, mais de notre compréhension du sens du mot « dissimulation ». Certains pensent que dissimuler, c'est cacher la maladie, marier précipitamment le patient avant que la maladie ne « disparaît », et enfouir la vérité sous un bonheur éphémère. D'un point de vue à la fois sanitaire et moral, il ne s'agit pas de dissimulation ; c'est simplement repousser la révélation et multiplier les victimes. La véritable dissimulation réside dans un traitement précoce, une communication honnête et transparente, et un mariage fondé sur le consentement éclairé. La maladie est un destin dont on n'est pas responsable, tandis que la dissimulation est un choix dont on devra répondre. Il y a un monde de différence entre une personne atteinte, qui parle ouvertement et cherche à se faire soigner – une telle personne mérite respect et soutien – et une autre qui sait mais garde le silence, impliquant ainsi une personne innocente dans un destin qu'elle n'a pas choisi.
Et je dois ajouter un point que je considère essentiel à une époque où la maladie est souvent confondue avec la stigmatisation : la science a transformé le paysage des maladies que nous dépistons. L’hépatite C, qui a terrifié des générations, est désormais guérissable, et vivre avec le VIH n’est plus une condamnation à mort ; en réalité, le respect du traitement réduit la charge virale à des niveaux où le virus n’est plus transmissible. Le problème n’est donc plus la maladie elle-même, pour laquelle nous disposons des outils de traitement ; le problème réside dans le secret qui nous empêche d’utiliser ces outils. Nous n’avons pas peur du patient ; nous avons peur pour le patient et son entourage à cause de leur silence.
L'intégration du dépistage de l'anxiété et de la dépression à l'examen n'était pas un luxe, mais bien un aboutissement de la philosophie même de celui-ci. Une famille saine repose sur la santé du corps et de l'esprit, et les personnes diagnostiquées avec un trouble mental ne sont ni stigmatisées ni empêchées de se marier. Au contraire, elles bénéficient d'un soutien précieux avant d'assumer des responsabilités qui auraient pu être partagées.
Un certificat de mariage se signe de la main, mais un certificat médical se signe en toute conscience. Entre ces deux signatures se trouve l'épreuve de la sincérité de l'amour : prenez-vous votre bien-aimé(e) à la légère, lui cachant ce qui touche sa vie, ou le/la chérissez-vous au point de lui révéler toute la vérité et de lui dire : « Choisis-moi en toute connaissance de cause ? »
Le savoir n'est pas l'ennemi du bonheur, mais sa gardienne. Les examens prénuptiaux ne sont pas une simple formalité administrative, mais le premier et le plus précieux cadeau qu'un couple puisse s'offrir. La santé est un trésor inestimable, et une communication ouverte est le premier pas vers l'amour et la compassion.

 

Par : Prof. Dr. Hossam Abdel Ghaffar

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