
Écrit par : Mohammed Omran
Les autorités nigérianes ont libéré avec succès plus de 300 personnes détenues par des groupes armés lors d'une opération conjointe de sécurité et de renseignement, dans le cadre de l'une des plus importantes opérations de sauvetage que le pays ait connues cette année, malgré les défis sécuritaires persistants posés par les enlèvements contre rançon dans plusieurs États.
Le Nigeria libère plus de 300 otages lors d'une opération de sécurité de grande envergure contre des groupes armés.
La présidence nigériane a annoncé dans un communiqué officiel que les forces de sécurité avaient pu libérer 308 personnes enlevées au cours d'une opération d'une journée, dont 163 personnes enlevées en février dernier dans le village de Wuro, dans l'État de Kwara, et 145 autres enlevées dans l'État de Niger.

Sauvetage des personnes kidnappées à l'intérieur d'une forêt nationale
Les autorités ont expliqué que toutes les personnes enlevées ont été retrouvées à l'intérieur des forêts du parc national du lac Kaeni, à la suite d'une opération de sécurité menée par le Centre national de lutte contre le terrorisme en coopération avec l'armée, la police et le Service de sécurité de l'État.
Les autorités n'ont pour l'instant révélé l'arrestation d'aucun des auteurs des enlèvements, tandis que les enquêtes se poursuivent afin d'identifier les responsables de la détention des victimes.
des soins médicaux avant de retourner dans leurs familles
Le gouvernement nigérian a confirmé que les personnes secourues subissent actuellement des examens médicaux et reçoivent des soins dans un établissement militaire, en vue de leur retour auprès de leurs familles après une évaluation de leur santé physique et mentale.
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Le président Bola Ahmad Tinubu s'est félicité du succès de l'opération, y voyant le reflet d'une meilleure coordination entre les différents services de sécurité, et a salué les efforts des forces impliquées dans la libération des personnes enlevées.
Enlèvements contre rançon : une crise sécuritaire persistante
Depuis des années, le Nigeria est confronté à une recrudescence des enlèvements contre rançon, perpétrés par des groupes criminels et des hommes armés liés à Boko Haram, ainsi que par des bandes armées connues localement sous le nom de “ bandits ”, notamment dans les zones rurales où la présence des forces de sécurité est faible.
Plus tôt cette année, le village de Woro, dans l'État de Kwara, a été la cible d'une attaque sanglante perpétrée par des hommes armés, après que les habitants ont ignoré un message menaçant envoyé au village par des groupes armés.
D’après les témoignages des habitants, l’attaque a entraîné l’incendie de dizaines de maisons et la mort de plus de 165 personnes, ainsi que l’enlèvement d’un grand nombre de civils, tandis que les autorités locales ont annoncé un bilan des victimes moins lourd.
Selon les médias, 176 personnes auraient été enlevées lors de l'attaque, mais la police de l'État de Kwara a confirmé que ce chiffre était encore en cours de vérification.
Expansion des groupes extrémistes
Cette situation survient dans un contexte d'activité croissante des groupes militants dans le nord et l'ouest du Nigeria, le groupe Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, lié à Al-Qaïda, ayant revendiqué il y a plusieurs mois sa première attaque en territoire nigérian près du village de Wuro.

Par ailleurs, des hommes armés ont enlevé au moins 52 personnes, dont des enfants, au cours du week-end lors d'une attaque visant un village et une base militaire dans l'État de Zamfara, au nord-ouest du pays, ce qui témoigne des menaces sécuritaires persistantes malgré les opérations militaires en cours.



