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De la reconnaissance à la réparation : l’Afrique et les Caraïbes rouvrent le dossier de l’esclavage.

Le Ghana accueillera un sommet international pour unifier les demandes de réparations pour l'esclavage.

Écrit par : Badr Ahmed

Un sommet international de trois jours, réunissant des nations africaines et caribéennes ainsi que des représentants de la diaspora africaine et des partenaires internationaux, s'est conclu à Accra, la capitale ghanéenne, dans le but d'unir les efforts pour exiger des réparations pour des siècles d'esclavage, de colonialisme et de traite transatlantique des esclaves.

L'Afrique s'oppose à l'Occident sur la question des réparations pour l'esclavage et le colonialisme.

Le sommet, qui s'est tenu au château historique d'Osu, a vu l'adoption d'un plan d'action commun en 19 points intitulé « Les prochaines étapes d'Accra », qui comprenait un ensemble de revendications que les participants ont décrites comme une feuille de route pour passer de la reconnaissance des griefs historiques à l'étape de la mise en œuvre d'une justice réparatrice.

Les principales revendications comprennent des excuses formelles et inconditionnelles de la part des pays qui ont profité de la traite négrière et de l'esclavage, ainsi que la création d'un fonds mondial d'indemnisation, un allègement de la dette pour les pays historiquement touchés et une réforme des institutions financières internationales afin d'assurer une représentation plus équitable des pays africains et caribéens.

Le plan prévoyait également la restitution des biens culturels et des artefacts pillés, le rapatriement des restes des ancêtres déportés de force pendant la période de la traite négrière, ainsi que le financement de programmes de justice climatique et de développement et la prise en compte des conséquences sociales et économiques persistantes de l'esclavage, en particulier celles qui touchent les femmes et les filles d'origine africaine.

Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzieto Ablako, a souligné que ce sommet marquait le début d'une nouvelle phase de coordination conjointe, affirmant que les pays participants avaient décidé de surmonter leurs divisions et de parler d'une seule voix sur la scène internationale pour défendre les droits des peuples touchés par l'héritage de l'esclavage et du colonialisme.

Ce plan a été adopté conjointement par l'Union africaine et la Commission de justice compensatoire de la CARICOM, et doit être présenté lors de la prochaine Assemblée générale des Nations Unies, dans le but de recueillir un soutien international plus large à ces revendications.

Pour sa part, le président ghanéen John Dramani Mahama a souligné que la question n'était pas celle d'un héritage moral, mais celle de la responsabilité historique face à la persistance de l'esclavage. Il a également appelé à une reconnaissance pleine et entière de l'ampleur des injustices subies par les peuples africains et leurs descendants.

Ces mesures interviennent quelques mois après l'adoption par les Nations Unies d'une résolution reconnaissant la traite transatlantique des esclaves comme l'un des crimes les plus graves contre l'humanité, donnant un nouvel élan aux efforts visant à obtenir justice historique et à réparer ses effets profonds sur plusieurs générations.

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