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Madagascar plongée dans le noir : l'état d'urgence est déclaré et les stocks de carburant sont temporairement nationalisés.

Dépendance totale aux importations de pétrole du Golfe

Dans une décision qui reflète la profondeur de la crise Économique Face aux défis sécuritaires que rencontre le continent africain en raison des troubles mondiaux, la République de Madagascar a déclaré un état d'urgence national de deux semaines dans le secteur de l'énergie.

La décision prise par la présidence à l'issue d'une réunion d'urgence du cabinet a placé le pays dans une phase critique de gestion des ressources, dans un contexte de grave pénurie de carburant qui menace de paralyser complètement les infrastructures vitales et de provoquer des troubles sociaux généralisés.

Motif de la déclaration de l'état d'urgence

Selon un reportage publié par la BBC, Madagascar dépend presque entièrement des importations de pétrole en provenance de la région du Golfe arabique, et plus particulièrement du sultanat d'Oman, pour faire fonctionner ses centrales électriques et ses transports.

Avec le déclenchement du conflit militaire mené par les États-Unis et Israël en Iran depuis le 28 février, les chaînes d'approvisionnement mondiales ont été directement affectées, notamment dans la région du détroit d'Ormuz, artère vitale de l'énergie mondiale.

Malgré un cessez-le-feu de deux semaines annoncé mercredi matin, des experts à Antananarivo confirment que les dégâts causés aux infrastructures d'approvisionnement de la région prendront des mois, voire des années, à réparer. Face à cette sombre réalité, le gouvernement malgache a pris des mesures proactives pour éviter l'effondrement du système énergétique.

Des pouvoirs exceptionnels pour prévenir le chaos

Le président Michael Randriani a signé un décret accordant au pouvoir exécutif des pouvoirs étendus et sans précédent. En vertu de ce décret, le gouvernement a désormais le droit de :

1- Gestion et nationalisation temporaires des stocks : pour éviter que les entreprises privées ne monopolisent le carburant restant.

2- Réglementer la consommation : Imposer des quotas spécifiques aux particuliers et aux institutions afin d’assurer la continuité des services publics tels que les hôpitaux et la sécurité.

3- Contrôle des prix : Prévenir toute hausse soudaine du prix du carburant qui pourrait entraîner un soulèvement populaire.

Dans un communiqué présidentiel, la présidence a indiqué que ces mesures visaient principalement à “ atténuer les perturbations, à gérer une consommation équitable et à assurer la continuité des services publics ”, tout en avertissant que les pénuries d'énergie pourraient entraîner des “ troubles sociaux ” dans lesquels le pays ne souhaite pas retomber.

Le spectre des manifestations et de l'intervention militaire

La déclaration actuelle de l’état d’urgence ne peut être interprétée indépendamment de l’histoire récente de Madagascar. L’année dernière, des pénuries persistantes d’électricité et d’eau ont engendré une vague massive de manifestations menées par la jeunesse, qui a rapidement dégénéré en une crise politique majeure. Cette crise s’est soldée par la prise de pouvoir par l’armée et le changement de direction politique.

D'après les informations recueillies, le gouvernement actuel, dirigé par Randrianirina, est pleinement conscient que les longues files d'attente aux stations-service, qui se sont étirées pendant des heures mercredi, et les achats de panique observés dans ces mêmes stations, constituent une étincelle susceptible de raviver les tensions. Par conséquent, la déclaration de l'état d'urgence relève davantage d'un message politique que d'une mesure économique, signifiant que l'État maîtrise la situation.

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