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L'Amérique peut-elle combler le fossé entre l'est et l'ouest de la Libye ?

Écrit par : Ayman Ragab

L'envoyé américain Massad Boulos intensifie ses consultations avec les principaux centres de pouvoir libyens afin de promouvoir la réunification institutionnelle, une initiative qui suscite à la fois espoir et réserves quant à sa viabilité politique.

Les États-Unis intensifient leurs efforts diplomatiques pour tenter de concilier les points de vue des autorités rivales de l'est et de l'ouest de la Libye, douze ans après la scission des institutions du pouvoir du pays en deux camps opposés.

En tant qu'envoyé spécial des États-Unis pour les affaires arabes et africaines au sein de l'administration Trump, Pauls a mené pendant près d'un an une série de consultations avec des dirigeants politiques, militaires et économiques libyens clés.

Des réunions séparées ont eu lieu à Tripoli avec Abdul Hamid Dbeibah.

La semaine dernière, il a tenu des réunions séparées à Tripoli avec Abdul Hamid Dbeibah, le Premier ministre du Gouvernement d'union nationale reconnu par l'ONU, et avec le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle l'est du pays.

L'initiative américaine, présentée comme une mesure pour “ mettre fin à la division ” en Libye, vise, selon Mosaad Boulos, à faciliter le dialogue entre les deux camps rivaux sans imposer de solution prédéterminée. Cependant, l'envoyé est resté silencieux sur les détails de son plan, refusant de commenter les informations circulant dans certains milieux diplomatiques selon lesquelles un accord institutionnel permettrait à Abdel Hamid Dbeibah de conserver le poste de Premier ministre, tandis que Saddam Haftar, fils du maréchal Khalifa Haftar, assumerait la présidence du Conseil présidentiel, d'après l'APA.

Il a ajouté : “ Ces détails sont laissés à la discrétion des Libyens eux-mêmes. ”.

Compléter les efforts de la mission des Nations Unies

Cette médiation intervient alors que la Libye demeure divisée entre deux puissances rivales depuis 2014, malgré de nombreuses tentatives de réconciliation menées par l'ONU. En juin, les forces de Khalifa Haftar ont publiquement salué le ” Plan Polis ”, le qualifiant d'initiative “ réaliste ” et ” différente des précédentes ”, se démarquant ainsi de la feuille de route établie le même jour par trois institutions libyennes, qui prévoit des élections présidentielles et législatives d'ici le 17 février 2027.

Toutefois, Massad Boulos insiste sur le fait que son initiative est “ 100 % complémentaire ” aux efforts de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), qui n’a pas encore répondu.

Au-delà des considérations politiques, Washington considère l'instauration d'une stabilité durable en Libye comme un enjeu énergétique majeur. Dans un entretien accordé au Financial Times, Massad Boulos a indiqué que les États-Unis encourageaient les grandes compagnies pétrolières américaines à renforcer leur présence dans le pays.

Selon lui, la production libyenne pourrait doubler pour atteindre trois millions de barils par jour d'ici la fin de la décennie, permettant ainsi au pays de rejoindre les rangs des principaux producteurs de pétrole au monde.

Le département d'État américain a également souligné plusieurs avancées réalisées depuis l'été 2015, notamment l'adoption d'un budget unifié – le premier du genre depuis plus d'une décennie –, des exercices militaires conjoints sous l'égide du Commandement américain pour l'Afrique (AFRICOM) et une augmentation des rencontres entre les responsables militaires des deux camps.

L’approche américaine divise toutefois les observateurs. Khaled al-Muntasir, professeur de relations internationales, estime que Washington adopte une approche pragmatique en s’appuyant sur les acteurs qui contrôlent effectivement la situation sur le terrain.

Obstacles majeurs

À l'inverse, d'autres analystes craignent qu'un accord conclu entre les principales figures du pouvoir ne reporte à nouveau les élections et ne manque de légitimité populaire.

Le politologue Faraj Al-Dali estime que le projet se heurtera à des obstacles majeurs, tandis que Karim Mezran, du Conseil atlantique, considère que soutenir un compromis entre élites sans véritable soutien populaire est un “ pari dangereux ” qui pourrait raviver les tensions et déstabiliser davantage le pays à moyen terme.

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