Le Tchad rejoint le camp des sceptiques… La vague de retraits de la Cour pénale internationale va-t-elle s’amplifier ?
Le Tchad annonce son retrait, Washington s'en félicite

Écrit par Omnia Hassan :
Le Tchad a annoncé son retrait du Statut de Rome, le traité qui a institué la Cour pénale internationale, une décision qui reflète le débat croissant au sein du continent africain sur le rôle et la compétence de cette cour.
Les États-Unis ont rapidement salué cette décision, la considérant comme un “ rétablissement de la souveraineté nationale ”, au moment même où Washington poursuit ses critiques croissantes à l'égard de la Cour et de ses politiques.
Le Bureau des affaires africaines du département d’État américain a confirmé que la décision de N’Djamena reflète une tendance au renforcement de la souveraineté judiciaire des États, appelant davantage d’États membres à reconsidérer leur appartenance à la Cour.
Rapprochement croissant entre Washington et certaines capitales africaines
La position tchadienne s'inscrit dans un contexte de rapprochement croissant entre les États-Unis et un certain nombre de gouvernements africains qui critiquent la Cour pénale internationale, notamment en ce qui concerne ce qu'ils qualifient d'” ingérence dans les affaires intérieures ” et d'” atteinte à la souveraineté des États ”.

Les pays de l’Alliance du Sahel, à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ont déjà annoncé leur rejet de la compétence de la Cour, la considérant comme un instrument à motivation politique, ce qui place le Tchad sur une voie proche de cette tendance, même s’il n’est pas membre de l’Alliance.
Accusations de justice sélective
Depuis des années, plusieurs dirigeants africains critiquent la Cour pénale internationale, arguant qu'elle se concentre de manière déséquilibrée sur le continent africain par rapport aux crises et violations survenues dans d'autres parties du monde.
Bien que la Cour ait étendu ses enquêtes ces dernières années à des pays hors d'Afrique, le débat sur la justice sélective et l'indépendance de la Cour persiste, incitant certains gouvernements à exiger des réformes fondamentales, tandis que d'autres préfèrent un retrait complet de son système.
Répercussions potentielles pour l'Union africaine
Les observateurs estiment que la décision du Tchad pourrait relancer le débat au sein de l’Union africaine concernant l’avenir des relations avec la Cour pénale internationale, d’autant plus que l’Union a déjà appelé à plusieurs reprises à réformer les mécanismes de travail de la Cour afin de garantir le respect de la souveraineté des États membres et l’administration de la justice de manière équilibrée.
En revanche, l’administration du président américain Donald Trump considère la décision du Tchad comme un soutien à sa vision de rejet de l’extension des pouvoirs de la Cour internationale, ce qui pourrait donner un nouvel élan au débat sur l’avenir de la Cour et son rôle dans le système international, dans l’attente de savoir si d’autres pays africains suivront la même voie dans la période à venir.



