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Un projet de 68 millions de dollars place les richesses du pays sous le contrôle de l'État... Le Burkina Faso récupère son or

Première licence d'exploitation minière industrielle

Écrit par Amna Hassan

Dans un mouvement qui reflète un changement radical dans la gestion des ressources naturelles, le gouvernement du Burkina Faso, dirigé par le Capitaine Ibrahim Traoré, a annoncé l'octroi de la première licence minière industrielle à la Société d'exploitation minière nationale SOPAMIB pour le développement du projet de Pouobolo.  Pour l'ordans le cadre d'une stratégie visant à mettre fin à la domination des entreprises étrangères et à renforcer le contrôle de l'État sur le secteur minier.

Projet stratégique avec un investissement de plus de 56 millions de dollars

Le projet Popolo est situé dans la commune de Yako, au nord du centre du Burkina Faso, et son exploitation devrait s'étendre sur plus de 15 ans.

Selon les décisions du Conseil des ministres, un investissement initial d'environ 32 milliards de francs CFA, soit l'équivalent de 56,1 millions de dollars, sera injecté dans le projet, qui deviendra ainsi l'un des projets miniers les plus importants gérés directement par l'État.

Les estimations géologiques indiquent que la mine produira plus de 7 tonnes métriques d'or pendant sa durée de vie, tandis que le gouvernement s'attend à ce qu'elle rapporte plus de 68,4 millions de dollars au Trésor public par le biais de taxes et de redevances, sans compter les bénéfices qui reviendront à l'État en tant que propriétaire principal du projet.

Révolution dans la gestion du secteur minier

Le ministre des Mines, Yacouba Zibri Gouba, a décrit le projet comme une “ révolution structurelle ” dans le secteur minier, soulignant que le gouvernement cherche à transformer l'État d'un simple percepteur de taxes en un acteur majeur qui possède et gère ses actifs miniers et en tire pleinement parti.

Cette orientation s'inscrit dans le cadre de réformes économiques menées par le président Ibrahim Traoré, axées sur la maximisation de la valeur ajoutée des ressources naturelles, le soutien au contenu local et la réduction de la dépendance vis-à-vis des entreprises étrangères.

Mettre fin au régime des privilèges étrangers

Avant cette décision, les concessions d'exploration dans la région de Poubara étaient gérées par des entreprises privées, dont la société canadienne Nexus Gold Corp, qui était responsable de l'exploration et du développement, tandis que l'État ne recevait que des revenus limités et des parts non influentes.

Aujourd'hui, le gouvernement a réactivé la SOPAMIB, créée en 2014, pour mener à bien ses propres opérations minières, dans le but de réorienter les revenus de l'or vers le financement de projets d'infrastructure, le renforcement de la sécurité et le soutien aux programmes de développement local.

Ce changement reflète une tendance croissante dans la région du Sahel, où plusieurs pays africains adoptent des politiques donnant aux gouvernements un rôle plus important dans la gestion des ressources naturelles, afin de garantir une augmentation des revenus économiques et une exploitation maximale des richesses nationales.

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