André Toure.. Le voyage de la première dame de Guinée de la lutte à l'exil
Elle a accompagné Ahmed Sékou Touré dans son parcours vers l'indépendance de la Guinée avant d'être emprisonnée.

Écrit par : Mohammed Omran
Hajja André Touré fut l'une des figures féminines les plus importantes de l'histoire de la Guinée, son nom étant associé à la naissance de l'État moderne, et elle a été témoin des transformations politiques les plus importantes qu'ait connues le pays depuis son indépendance jusqu'aux dernières décennies.
De Kankan au palais présidentiel
André Touré est né en 1934 à Kankan, dans une famille dont le chef appartenait au corps médical, et a grandi à une époque où la Guinée était encore sous domination coloniale française.
En 1953, elle épousa Ahmed Sékou Touré, qui devint plus tard le chef du mouvement d'indépendance et le premier président de la République de Guinée.
Partenaire dans la phase d'indépendance
Après la déclaration d’indépendance de la Guinée en 1958, André Touré devint la première dame du pays, accompagnant son mari tout au long de son règne, qui dura jusqu’à sa mort en 1984. Durant ces années, son nom fut associé au soutien des institutions étatiques et à la participation aux activités sociales et nationales, faisant d’elle l’une des figures féminines les plus importantes de la vie publique.
La prison après la chute du régime
Les souffrances d’André Touré ne prirent pas fin avec la mort de son mari, car le pays fut témoin d’un coup d’État militaire en 1984 mené par Lansana Conté.
Après le changement de pouvoir, elle fut arrêtée et condamnée à huit ans de prison, une des périodes les plus difficiles qu'elle ait traversées.
Des années d'exil et de retour
Après sa libération de prison, elle a quitté la Guinée et a vécu pendant des années en exil entre le Sénégal et la Côte d'Ivoire, avant de retourner dans son pays natal en 2000, pour vivre loin des projecteurs, tout en continuant d'être un symbole de l'histoire politique du pays.
La disparition d'un symbole de la mémoire guinéenne
André Touré est décédée à l'âge de 91 ans alors qu'elle était soignée au Maroc. Le président guinéen Mamadi Doumbouya lui a rendu hommage, soulignant qu'elle était un symbole de force et de résilience et que sa disparition représente une perte pour la mémoire nationale.
Avec la disparition d'André Touré, la Guinée tourne la page sur l'une des figures qui ont assisté à la fondation de l'État et qui ont connu l'indépendance, le pouvoir, l'emprisonnement et l'exil, de sorte que sa biographie reste partie intégrante de l'histoire politique moderne du pays.
La Guinée fait ses adieux à sa Première dame fondatrice à l'âge de 91 ans.
Le président guinéen Mamadi Doumbouya a rendu hommage à la défunte, saluant son rôle patriotique et la décrivant comme une femme forte et courageuse qui a consacré sa vie au service de son pays aux côtés de son mari pendant la lutte pour l'indépendance.
Doumbouya a déclaré que son décès représente une grande perte pour la mémoire nationale, soulignant qu'elle a affronté les moments difficiles de l'histoire de la Guinée avec résilience et dévouement, et qu'elle est restée attachée à son pays malgré les obstacles.



