
Écrit par : Mohamed Ragab
L'équipe de défense de l'ancien président nigérien Mohamed Bazoum a renouvelé sa demande de libération immédiate de ce dernier et de son épouse, trois ans après le coup d'État militaire qui a renversé son gouvernement en juillet 2023, soulignant que leur détention continue viole les principes fondamentaux du droit et des droits de l'homme.
Les avocats de Bazoum ont déclaré que l'ancien président et son épouse sont toujours détenus dans une aile du palais présidentiel de la capitale, Niamey, sans avoir comparu devant aucune autorité judiciaire et sans avoir été officiellement informés des procédures ou accusations en cours devant le pouvoir judiciaire.
Allégations de détention arbitraire
L'équipe de la défense a considéré la détention de Mohamed Bazoum comme un cas de détention arbitraire, notant que les autorités militaires avaient précédemment annoncé leur intention de le juger pour des accusations liées à la trahison et au complot contre la sûreté de l'État, mais qu'aucune affaire n'avait encore été ouverte publiquement ni aucune date de procès fixée.
Les avocats ont ajouté que Bazoum et son épouse étaient privés de tout contact régulier avec le monde extérieur et n'avaient pas été autorisés à recevoir les membres de leur famille depuis longtemps, exigeant la fin de cette situation et le respect de leurs droits légaux et humains.
La communauté internationale réclame la libération de l'ancien président.
L’affaire de Mohamed Bazoum a suscité une vive attention internationale, les Nations Unies, l’Union européenne et de nombreux experts et organisations de défense des droits de l’homme ayant déjà demandé sa libération, considérant que sa détention prolongée sans procès est contraire aux normes internationales de justice et à l’état de droit.
Malgré l'expiration cette année du mandat constitutionnel de l'ancien président, celui-ci continue de refuser de démissionner, tandis que son équipe juridique affirme que le coup d'État militaire l'a empêché d'exercer ses fonctions présidentielles et que sa période de détention ne peut être considérée comme faisant partie de son mandat.
La scène politique au Niger
Depuis la prise de pouvoir par le conseil militaire en juillet 2023, le Niger a connu des bouleversements politiques majeurs, notamment la suspension de la constitution et l'adoption de nouveaux accords transitoires, ainsi qu'une campagne visant un certain nombre d'opposants, de journalistes et de militants de la société civile, selon les organisations de défense des droits humains.
Les observateurs estiment que le maintien en détention de Mohamed Bazoum demeure l'une des principales sources de préoccupation pour la communauté internationale, compte tenu des appels répétés au respect de l'état de droit et à la garantie des droits fondamentaux des détenus, et ce, dans le contexte de la phase de transition en cours dans le pays.



