Actualités d'AfriqueCurseur

Comment le souvenir des manifestations de la génération Z s'est-il transformé en crise juridique au Kenya ?

Les organisations de défense des droits humains confirment que le confinement à Nairobi a entravé la circulation des citoyens.

Écrit par : Mohammed Omran

Le deuxième anniversaire des manifestations de la “ Génération Z ” au Kenya représente une nouvelle épreuve pour les relations tendues entre les autorités et les services de sécurité d'une part, et les organisations de la société civile d'autre part, après que les procédures de sécurisation des manifestations se soient transformées en une bataille juridique devant les tribunaux.

Alors que le gouvernement justifiait la fermeture du centre-ville de Nairobi comme étant nécessaire pour maintenir la sécurité et prévenir les violences, les organisations de défense des droits humains la considéraient comme une violation des décisions de justice et de la liberté de circulation, dans une affaire susceptible de redéfinir les limites des pouvoirs de police face aux manifestations publiques.

 

Une action en justice secoue la police kényane après la paralysie de Nairobi le jour anniversaire des manifestations de la « Génération Z ».»

 

La police kényane fait l'objet de poursuites judiciaires après avoir bouclé le centre de Nairobi, la capitale, lors de manifestations commémorant le deuxième anniversaire du soulèvement de la “ Génération Z ”. Les forces de sécurité ont arrêté plusieurs manifestants près du Parlement lors de ces commémorations en hommage aux plus de 60 personnes tuées lors des manifestations antigouvernementales.

L'Institut Katiba, une organisation de défense des droits humains, a déposé une plainte pour outrage au tribunal contre l'inspecteur général de la police, Douglas Kanga, accusant les autorités d'avoir ignoré une décision de justice en installant des barrages routiers non annoncés dans toute la capitale avant le début de la marche commémorative.

Les participants ont commémoré les victimes des manifestations qui ont éclaté en 2024 pour protester contre le coût élevé de la vie et la corruption, manifestations qui ont culminé avec la prise d'assaut du bâtiment du Parlement par les manifestants, provoquant l'une des plus graves crises politiques qu'ait connues le Kenya ces dernières années.

En revanche, le gouvernement a défendu ses actions, affirmant que les barrières de sécurité avaient été érigées sur la base de renseignements indiquant que des groupes criminels prévoyaient d'infiltrer les manifestations, de piller les magasins et d'attaquer les civils.

Cependant, les organisations de défense des droits de l'homme ont considéré la fermeture de la ville comme une violation de la liberté de circulation, entravant le déplacement des ambulances et des services d'urgence, et restreignant le droit des citoyens de commémorer pacifiquement cet anniversaire.

Cette action en justice intervient à un moment où les critiques à l'égard de la police kényane s'intensifient, l'organisme de surveillance de la police ayant signalé qu'au moins 127 personnes sont mortes lors des manifestations qui ont eu lieu dans le pays en 2024 et 2025, sur fond d'accusations selon lesquelles les forces de sécurité ont fait un usage excessif de la force et ont échappé à toute responsabilité.

Cette affaire devrait constituer un test important pour déterminer dans quelle mesure la police kényane peut être tenue responsable de la violation des ordonnances judiciaires lors de la gestion des manifestations publiques, et si le tribunal fixera des limites légales plus claires aux pouvoirs des forces de sécurité dans de telles circonstances.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page