Le Mali peut-il atteindre un nouveau record de recettes minières en 2026 ?
Les perspectives de recettes minières du Mali sont incertaines, le pays étant pris en étau entre la hausse des prix de l'or et la reprise de la production.

Écrit par : Mohammed Omran
J'ai réussi financier Avec 978,29 milliards de francs CFA provenant de son secteur extractif en 2024, un record pour ses recettes globales, et grâce à la reprise de la production à la mine de Loulo-Gounkoto et à la hausse continue des prix de l'or, 2026 pourrait permettre à Bamako de faire encore mieux.
Le Mali peut-il atteindre un nouveau record de recettes minières en 2026 ?
Les recettes minières perçues par le budget de l'État se sont élevées à 978,29 milliards de francs CFA (environ 1,728 milliard de dollars US) en 2024, soit 40,931 billions de dollars US des recettes publiques totales cette année-là. Le cours de l'or étant en hausse continue depuis plus d'un an, de combien la part de ce précieux métal dans les recettes publiques du Mali pourrait-elle augmenter en 2026 ?.
Les perspectives de recettes minières du Mali sont incertaines, le pays étant pris en étau entre la hausse des prix de l'or et la reprise de la production.
Le niveau record atteint par les recettes des industries extractives en 2024 est à comparer aux 27,811 TP3T enregistrées en 2023 et aux 34,81 TP3T de 2022, selon un rapport de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) publié en mars 2026. En 2024, les exportations de ce secteur représentaient 78,81 TP3T des exportations totales du Mali, l’or étant le principal produit exporté.
L'ouverture des deux mines de lithium n'a pas entraîné de changement structurel dans cette dépendance. La mine de Goulamina, exploitée par la société chinoise Ganfeng Lithium, a démarré sa production en décembre 2024, suivie par la mine de Bogoni, exploitée par la société britannique Codale Minerals, qui a entamé sa production en février 2025. Ces deux mines placent le Mali parmi les principaux pays producteurs de lithium du continent, mais leur contribution aux recettes publiques demeure marginale comparée au volume de la production d'or.
Les fruits d'une réforme minière globale
Le record établi en 2024 s'explique principalement par une stratégie bien pensée visant à accroître la part de l'État dans la valeur ajoutée. La loi minière, adoptée en 2023, a porté la part du secteur public dans les projets miniers de 201 TP3T à 351 TP3T, dont 51 TP3T alloués aux investisseurs locaux. Suite à un examen approfondi du secteur, le gouvernement a entrepris de renégocier les contrats avec plusieurs sociétés d'exploitation.
Le rapport de l'Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) a enregistré la collecte de 331,64 milliards de francs CFA grâce à ces négociations, un chiffre inférieur aux 500 milliards de francs CFA mentionnés par le ministre de l'Économie et des Finances, Al-Husseini Sano, mais il montre l'ampleur des efforts de relance entrepris par Bamako.
Les cours de l'or, déjà favorables en 2024, ont contribué à cette hausse. Le prix de l'or a ensuite atteint un nouveau record en 2025, s'établissant en moyenne à 3 431 milliards de dollars américains, soit une augmentation de 441 000 milliards de dollars américains par rapport à l'année précédente, selon le Conseil mondial de l'or. L'Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) n'a pas encore publié les données définitives pour 2025, mais les informations diffusées cette semaine indiquent que les producteurs d'or opérant au Mali ont versé 888,5 milliards de francs CFA.
Alors que les prix de l'or ont augmenté d'environ 701 TP3T en 2025, un facteur lié à la production a pesé sur les recettes, qui ont néanmoins progressé de 6,41 TP3T par rapport à l'année précédente. Un long différend entre le gouvernement malien et Barrick Gold Corporation concernant la mise en œuvre de la nouvelle loi minière a entraîné la suspension des activités à Loulo-Gounkoto, ancien complexe minier majeur du pays. La production industrielle d'or au Mali a chuté de 22,91 TP3T au cours de l'année, pour atteindre 42,2 tonnes, contre 54,8 tonnes en 2024. Finalement, un compromis a été trouvé entre le gouvernement et Barrick Gold Corporation, permettant la reprise de la production d'or à Loulo-Gounkoto fin 2025.
Dans ce contexte, le Mali a entamé l'année 2026 avec des indicateurs positifs tant au niveau de la production que des marchés. Au premier trimestre, la mine d'or de Barrick a produit 80 000 onces, sur un objectif annuel de plus de 360 000 onces. Selon la Banque mondiale, le prix de l'or a progressé de 171 000 milliards de dollars au premier trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent, dépassant les 5 000 dollars américains l'once en février. Sur l'ensemble de l'année, l'institution de Bretton Woods anticipe une hausse annuelle moyenne de 371 000 milliards de dollars.
Ces deux facteurs conjugués offrent au Mali une réelle opportunité d'accroître significativement ses recettes publiques aurifères. Le FMI prévoit une croissance de la production d'or du Mali de 5,51 billions de tonnes en 2026, principalement grâce à une reprise de la production aurifère. La réalisation de ce scénario dépendra des performances de la mine de Loulo-Gounkoto, ainsi que des autres mines du pays, tandis que la menace terroriste demeure un risque persistant pour les industries maliennes.



