La vie reprend progressivement à Khartoum malgré les craintes des Soudanais de nouvelles attaques
Des milliers de familles retournent dans la capitale au milieu de destructions généralisées et de graves pénuries de services.

Écrit par : Mohamed Ragab
La capitale soudanaise, Khartoum, connaît un lent retour à la vie après que l'armée soudanaise a repris le contrôle d'une grande partie de la ville. Cependant, les habitants de retour chez eux sont toujours confrontés à d'importants défis en raison des destructions causées par la guerre et de la crainte persistante de nouvelles attaques qui pourraient entraver les efforts de redressement et de reconstruction.
On estime que plus de deux millions de personnes sont retournées à Khartoum sur environ cinq millions qui ont été contraintes de partir depuis le début de la guerre en avril 2023.
Services limités et infrastructures détruites
Malgré la reprise progressive du fonctionnement de nombreuses institutions gouvernementales et de certains marchés, la capitale souffre toujours d'une grave pénurie d'électricité, d'eau et de services de santé, tandis que des bâtiments endommagés et des débris de guerre jonchent de nombreux quartiers.
Les autorités confirment que l'approvisionnement en électricité ne fonctionne qu'à une fraction de sa capacité en raison des dommages causés aux centrales électriques, tandis que les habitants rencontrent des difficultés quotidiennes pour accéder à l'eau et aux services de base, ce qui rend le retour à la vie normale lent et compliqué.
Les rapatriés : entre espoir et anxiété
Nombreux sont les rapatriés qui expriment leur joie de retrouver leurs foyers après des années de déplacement, mais ce sentiment s'accompagne d'une angoisse constante quant à la possibilité de nouveaux combats ou de nouvelles attaques contre la ville, notamment en raison des tensions persistantes dans d'autres régions du Soudan.
Les conditions difficiles auxquelles sont confrontés les réfugiés dans certains pays voisins ont également incité un certain nombre de familles à rentrer chez elles, malgré le manque de produits de première nécessité à Khartoum, dans l'espoir de reconstruire leur vie, de reprendre leur travail et de renvoyer leurs enfants à l'école.
Efforts pour relancer les institutions
Certaines écoles, universités et administrations ont commencé à reprendre progressivement leurs activités, tandis que les commerçants et les petites entreprises s'efforcent de rouvrir leurs magasins, malgré les difficultés liées à la médiocrité des services et aux coûts d'exploitation élevés.
Les autorités estiment que la reconstruction nécessite des investissements importants et un soutien international pour réparer les infrastructures et effacer les effets de la guerre, permettant ainsi la reprise de l'activité économique et l'amélioration des conditions de vie de la population.
L'avenir de la reprise dépend de la stabilité.
Les observateurs estiment que le retour des habitants est un indicateur positif de l'amélioration de la situation sécuritaire dans certaines parties de la capitale, mais cela reste tributaire du maintien de la stabilité, de l'arrêt des attaques contre les infrastructures et de la fourniture de services de base et de possibilités d'emploi.
Les experts soulignent que le succès du processus de reconstruction dépendra non seulement de la remise en marche des institutions, mais aussi de la conclusion d'un accord politique global qui mette fin à la guerre et crée un environnement sûr pour le retour de millions de personnes déplacées et de réfugiés dans leurs régions d'origine.



