Le khat en Afrique : sa culture florissante et sa consommation généralisée suscitent la controverse
القات في القارة السمراء.. محصول يدر المليارات ويثير مخاوف صحية

Écrit par : Badr Ahmed
Dans la Corne de l'Afrique et en Afrique de l'Est, le khat est devenu l'une des cultures les plus controversées, alliant son importance en tant que source de revenus pour des millions d'agriculteurs aux critiques croissantes liées à ses impacts sanitaires, sociaux et économiques. Si la consommation de feuilles de khat fait partie des coutumes de plusieurs pays africains, sa culture et son usage généralisés ont suscité un débat important quant à l'avenir de cette culture.
Qu'est-ce que le khat ?
Le khat (Catha edulis) est une plante à feuilles persistantes. Ses feuilles fraîches sont mâchées pour obtenir un effet stimulant dû à leur teneur en cathinone et en cathine, qui procurent une sensation d'activité et de vigilance, suivie de fatigue et d'une baisse d'activité une fois l'effet dissipé.
L'usage du khat en Afrique de l'Est remonte à plusieurs centaines d'années, où il était associé à des occasions sociales et tribales, et au fil du temps, il est devenu partie intégrante de la vie quotidienne dans certaines communautés.
Où le khat est-il cultivé en Afrique ?
La culture du khat est principalement concentrée en Afrique de l'Est et dans la Corne de l'Afrique, les principaux pays producteurs étant :
Éthiopie : Premier producteur et exportateur de khat en Afrique, le pays le cultive dans les régions d’Oromia, de Harar et de Sidama. Cette culture de rente, parmi les plus importantes, génère des millions de dollars de recettes d’exportation.
Kenya : Elle est largement cultivée dans le comté de Meroe, où elle est connue localement sous le nom de Mira, et de grandes quantités sont exportées vers les pays voisins et les marchés étrangers.
Somalie : Consomme en énormes quantités, tout en dépendant fortement des importations en provenance d'Éthiopie et du Kenya pour satisfaire la demande intérieure.
Djibouti : Le marché local dépend du khat importé quotidiennement, et c'est l'un des pays où la consommation par habitant est la plus élevée.
Ouganda : L'agriculture est limitée dans certaines régions de l'est.
Tanzanie : Sa culture est moins répandue que dans les pays de la Corne de l’Afrique, dans certaines régions du nord proches de la frontière kényane.
Pays où la consommation de khat est la plus élevée
Le khat fait partie intégrante de la vie sociale dans plusieurs pays africains, mais les niveaux de consommation varient d'un pays à l'autre.
La Somalie figure parmi les principaux pays consommateurs, où la mastication du khat est une activité quotidienne pour une grande partie de la population.
Djibouti présente également l'un des taux de consommation de khat par habitant les plus élevés, en raison de la dépendance de sa population aux importations quotidiennes.
En Éthiopie, la consommation est répandue dans les villes et les zones rurales, notamment lors d'occasions sociales et parmi certains groupes de travailleurs, d'étudiants et de chauffeurs.
Au Kenya, la consommation est concentrée dans les régions de l'est et du nord, en plus de son utilisation au sein de certaines communautés locales.

La consommation de khat ne se limite pas à l'Afrique, car l'Éthiopie et le Kenya en exportent de grandes quantités vers des pays tels que :
Somalie
Djibouti
Certaines régions d'Afrique de l'Est
Des quantités importantes de ce produit sont également transférées vers des pays européens abritant des communautés originaires d'Afrique de l'Est, même si nombre de ces pays en ont interdit l'importation et l'ont classé comme substance contrôlée.
Importance économique
Le khat est une source de revenus majeure pour des centaines de milliers d'agriculteurs en Éthiopie et au Kenya, car il se caractérise par son rendement élevé comparé aux cultures de café ou de maïs, et il offre également des opportunités d'emploi dans le transport, le commerce et la distribution.
En Éthiopie, le khat est l'un des principaux produits agricoles d'exportation générant des devises étrangères, tandis qu'au Kenya, des régions entières dépendent de sa culture comme source majeure de revenus.

Impacts sanitaires et sociaux
Les experts de la santé avertissent que la mastication excessive de khat peut entraîner une hypertension artérielle, des troubles du sommeil, des problèmes digestifs, de l'anxiété et de la dépression chez certains consommateurs, ainsi que la possibilité de développer une dépendance psychologique.
Des études indiquent également que les dépenses quotidiennes en khat réduisent les revenus de certaines familles et affectent la productivité et les heures de travail, notamment dans les pays où la consommation est répandue.
Débat en cours
Les gouvernements d'Afrique de l'Est sont confrontés à un véritable dilemme concernant le khat : d'une part, il s'agit d'une culture économique importante qui fournit des emplois et des recettes d'exportation, et d'autre part, les demandes de mise en place de contrôles pour limiter ses effets sanitaires et sociaux se multiplient.
Entre intérêts économiques et mises en garde sanitaires, le khat reste l'une des cultures les plus controversées d'Afrique, où il est difficile de s'en passer dans certaines communautés, tandis que d'autres pays s'orientent vers un contrôle plus strict de son commerce et de sa consommation dans le cadre de politiques de santé publique.



