Exploitation minière au Congo : de nouvelles modifications législatives menacent la confiance des investisseurs
Le plus grand producteur mondial de cobalt et le deuxième plus grand producteur de cuivre
Écrit par Ziad Abdel Fattah :
Les principaux représentants de l'industrie minière de la République ont averti Congo Les organisations de défense de la démocratie s'inquiètent du fait que les amendements proposés à la loi minière puissent nuire au climat des investissements, dans un contexte de craintes d'un contrôle accru de l'État sur ce secteur vital, qui constitue l'une des sources de revenus les plus importantes pour l'économie congolaise.
La République démocratique du Congo est le premier producteur mondial de cobalt et le deuxième de cuivre. Elle possède également d'immenses réserves d'or, de tantale et de germanium, ce qui en fait une destination majeure pour les investissements mondiaux dans le secteur minier.
Le projet de loi minière porte sur la modification de plus de 40 articles.
Selon un document consulté par Reuters, un nouveau projet de loi, déposé par le député Serge Tchimbo Nkonde et soumis à l'avis du gouvernement, prévoit la modification de plus de 40 articles de la loi minière de 2018, ainsi que l'introduction de nouveaux articles relatifs aux minéraux stratégiques, à la promotion du contenu local, au développement des communautés riveraines des mines et au renforcement des mécanismes de contrôle et d'application.
Les amendements proposés les plus importants comprennent l’élargissement des pouvoirs de l’État en matière de gestion des minéraux stratégiques, la possibilité de constituer des stocks nationaux de minéraux et le renforcement du rôle des organismes de réglementation pour lutter contre les violations et les fraudes au sein du secteur.
La Chambre des mines du Congo a exprimé des réserves quant au rythme d'élaboration du projet de loi, considérant que le processus d'examen se déroule trop rapidement pour permettre aux sociétés minières et aux investisseurs de participer pleinement aux discussions sur les amendements.
La Chambre a demandé la tenue d'un forum d'urgence du 15 au 17 juillet, avec la participation de représentants du gouvernement, des sociétés minières, des investisseurs et des organisations de la société civile, dans le but d'évaluer la nécessité de modifier la loi et de formuler une position unifiée sur les réformes proposées.
La Chambre a souligné que les défis auxquels est confronté le secteur minier ne sont pas principalement liés aux dispositions de la loi de 2018, mais plutôt à la manière dont elle est mise en œuvre, relevant l'existence de compétences qui se chevauchent, d'interprétations différentes des réglementations et d'interventions administratives qui affectent la stabilité juridique et la confiance des investisseurs.
Les amendements prévoient également d'octroyer aux autorités des pouvoirs plus étendus pour suspendre ou révoquer les permis miniers, ainsi que des sanctions plus sévères en cas d'infraction, notamment des amendes pouvant atteindre 1 million de dollars et des peines d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 20 ans dans certains cas.
La République démocratique du Congo attire d'énormes investissements de sociétés minières internationales, dans un contexte de concurrence accrue pour les minéraux utilisés dans les industries technologiques et la transition vers les énergies propres, ce qui fait que toute modification législative dans le secteur est scrutée de près par les investisseurs et les marchés mondiaux.



