
Écrit par : Mohammed Omran
Au cœur de la ville marocaine d'Essaouira, elle se transforme festival Le gnawa et les musiques du monde sont devenus bien plus qu'un simple événement artistique : ils constituent un espace dynamique de dialogue culturel entre l'Afrique et le monde. Vingt-sept ans après sa création, le festival continue de consolider sa position de plateforme réunissant l'héritage africain ancestral et les expressions musicales contemporaines du monde entier, dans une expérience qui incarne la convergence des esprits, des identités et de l'ouverture à l'autre.
Le festival Gnaoua d'Essaouira est en train de devenir une plateforme africaine pour le dialogue culturel mondial.
Lors de son lancement à Essaouira en 1998, peu imaginaient que le Festival de musique gnaoua et du monde deviendrait l'un des événements culturels les plus importants d'Afrique. Après 27 éditions, il attire des artistes, des chercheurs, des producteurs et des mélomanes du monde entier. L'édition 2026 se tiendra du 25 au 27 juin dans cette ville côtière marocaine, selon les organisateurs.
La musique gnawa est au cœur de ce projet culturel. Cet art puise son inspiration dans les traditions spirituelles et musicales des communautés d'Afrique subsaharienne installées au Maroc depuis des siècles. Jouée sur des instruments comme le guembri et le qarqab, cette musique est devenue un symbole fort de la fusion des influences africaines, berbères et arabo-islamiques.
La reconnaissance internationale de la culture Gnawa a franchi une étape importante le 12 décembre 2019, lorsque l'UNESCO l'a inscrite sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, en tant qu'ensemble de pratiques musicales, rituelles et culturelles transmises de génération en génération.
Cette reconnaissance a renforcé la dimension patrimoniale du festival et, simultanément, a accru son niveau de responsabilité, car le défi ne se limite plus à la préservation des traditions, mais à leur transmission dans un monde en constante évolution.
La productrice du festival, Nila Tazi, adhère à cette vision, décrivant le festival lors de l'ouverture de l'édition 2026 comme “ bien plus qu'un simple événement musical ”, mais plutôt comme un “ projet communautaire ” capable de relier le patrimoine à l'imagination et aux générations, et elle affirme que l'ambition est de “ faire entrer la culture Gnawa dans l'ère moderne sans compromettre son essence ”.

Cette vision explique la pérennité du festival au fil des ans, contrairement à de nombreux festivals qui se concentrent uniquement sur les spectacles. Le modèle d'Essaouira repose sur la rencontre et l'échange. À chaque édition, des maîtres gnawa collaborent avec des artistes de jazz, de blues, de musique africaine, de flamenco et de musique électronique.
Cette fusion artistique a contribué à renforcer la réputation mondiale du festival, et l'édition 2026 poursuit cette approche avec la participation d'artistes tels que Boyka, Saint Levant, CK et le bassiste sénégalais Alon Wade, ainsi que des maîtres de la musique Gnawa.
L'influence du festival dépasse le cadre musical ; depuis 2012, il accueille le Forum des droits de l'homme, devenu une plateforme de débat reconnue. Sa treizième édition est placée sous le thème “ Jeunesse du monde : liberté, identité, avenir ”, reflétant la volonté des organisateurs de faire du festival un espace d'échange sur les enjeux contemporains.
Cette évolution reflète une tendance plus large en Afrique, où les industries culturelles et créatives deviennent de plus en plus des moteurs de croissance, d'emploi et de rayonnement international. Dans ce contexte, le Festival Gnawa se distingue comme un modèle de valorisation économique du patrimoine culturel africain, tout en préservant son authenticité.
Près de trente ans après sa création, le festival est devenu bien plus qu'un simple rassemblement musical ; il incarne une identité africaine ouverte sur le monde, capable de transformer son riche patrimoine en un atout culturel, économique et diplomatique. À Essaouira, la musique gnawa n'est plus un simple souvenir ; elle est devenue un langage universel.



