Les autorités du Tigré accusent le gouvernement éthiopien de mener une guerre ouverte, sur fond de craintes de reprise du conflit.
L'escalade des tensions menace l'accord de paix dans le nord de l'Éthiopie.

Écrit par Mohamed Ragab :
Les autorités de la région du Tigré, dans le nord de l'Éthiopie, ont accusé le gouvernement fédéral d'Addis-Abeba d'avoir lancé une nouvelle offensive militaire contre des positions régionales, considérant la situation comme une “ guerre ouverte ” qui menace de saper l'accord de paix signé entre les deux parties et fait craindre un retour aux affrontements armés que le pays a connus ces dernières années.
Le Tigré parle d'une attaque à grande échelle
Les autorités du Tigré ont déclaré que les forces fédérales avaient utilisé des armes lourdes dans des zones situées à l'ouest de la région, affirmant que ces opérations militaires représentaient une escalade dangereuse après des mois de tensions politiques et sécuritaires.
Le gouvernement a également été accusé de s'appuyer sur les forces alliées pour étendre ses opérations, et des avertissements ont été lancés quant au risque que la poursuite des combats ne fasse dérailler les efforts visant à instaurer la paix.
Elle a ajouté que la région avait subi une pression croissante ces derniers mois, notamment un blocus et des attaques sporadiques, avant que la situation ne dégénère en affrontements militaires directs, appelant la communauté internationale à intervenir pour empêcher la propagation du conflit et protéger les civils.
L'accord de Pretoria confronté à une nouvelle épreuve
Les récents développements ont ravivé les inquiétudes quant à l'avenir de l'accord de paix de Pretoria, qui a mis fin en 2022 à la guerre sanglante entre le gouvernement éthiopien et les forces tigréennes après un conflit de deux ans qui a fait de nombreuses victimes et entraîné le déplacement de millions de personnes.
Selon les informations disponibles, la persistance des désaccords concernant les zones contestées et les arrangements sécuritaires et administratifs au sein de la région accroît la probabilité d'un effondrement de l'accord, notamment en raison du manque de progrès tangibles dans la mise en œuvre de certaines de ses dispositions clés.
Craintes d'une nouvelle crise humanitaire
La perspective d'une reprise des combats suscite de vives inquiétudes quant à une détérioration de la situation humanitaire dans le nord de l'Éthiopie, où de nombreuses régions subissent encore les conséquences de la guerre précédente, notamment des infrastructures endommagées, un manque de services de base et des difficultés d'accès à l'aide humanitaire.
Les observateurs craignent également que cette escalade n'entraîne une nouvelle vague de déplacements de population, ce qui pourrait accroître les pressions économiques et humanitaires à l'intérieur du pays et affecter la stabilité de toute la région de la Corne de l'Afrique.
Appels au calme et au dialogue
Au milieu des échanges d'accusations entre les deux parties, les appels régionaux et internationaux à la retenue et à un retour à la table des négociations se poursuivent, étant donné qu'une solution politique reste la seule option pour préserver l'accord de paix et empêcher le pays de sombrer dans une nouvelle guerre.
Les observateurs soulignent que le maintien de la stabilité en Éthiopie exige que toutes les parties s'engagent à mettre en œuvre les accords précédents et à régler les questions en suspens par le dialogue, assurant ainsi la protection des civils et renforçant les perspectives de paix et de développement dans le pays.



