La Cour suprême du Kenya confirme la destitution de Regathi Gatchagwa et lui accorde 50 millions de dollars d'indemnités.
Une décision historique met fin à la controverse entourant la destitution de l'ancien vice-président.

La Cour suprême du Kenya a confirmé la décision du Sénat de destituer l'ancien vice-président Regathi Gatchagwa, rejetant une série de requêtes consolidées contestant la constitutionnalité de sa destitution.
La décision rendue par un collège de trois juges est considérée comme l'une des décisions politiques et juridiques les plus importantes du pays ces dernières années, en raison de ses implications pour le paysage politique kenyan et l'avenir du poste de vice-président.
La décision a été rendue le lundi 8 juin 2026 par un panel de juges comprenant Eric Ogola, Anthony Mrema et la juge Farida Mugambi, dans lequel la cour a conclu que le Parlement et le Sénat avaient agi dans le cadre constitutionnel et légal lors de la procédure de destitution.

Procédures du Parlement et du Sénat
La cour a confirmé que la procédure de destitution respectait les exigences constitutionnelles, notamment l'exigence de participation du public au processus législatif.
Elle a également rejeté les allégations selon lesquelles le Parlement n'avait pas l'autorité légale pour examiner une procédure de destitution en raison de l'application incomplète du principe de représentation des deux tiers des genres.
La Cour a statué que la question de la représentation des femmes n'affecte pas le mandat constitutionnel conféré au Parlement d'examiner les cas de destitution et de prendre des décisions s'y rapportant, soulignant que les règlements internes sur lesquels reposent les procédures de destitution sont solides et conformes à la Constitution.
La cour a ajouté que l'Assemblée nationale et le Sénat avaient respecté les procédures légales requises et que la procédure de destitution s'était déroulée conformément au cadre constitutionnel en vigueur dans le pays.
Il a rejeté les allégations de partialité à l'encontre des membres du Parlement et des sénateurs.
Les juges ont également rejeté les allégations de partialité formulées par les requérants à l'encontre des présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, ainsi que des députés et sénateurs impliqués dans la procédure de destitution.
Le juge Eric Ojola a souligné que l'appartenance à un parti ou l'expression d'opinions politiques ne constituent pas en soi une preuve de partialité constitutionnelle, et n'invalident pas automatiquement une procédure de destitution.
La cour a souligné que les appelants n'avaient pas fourni de preuves suffisantes pour démontrer l'existence d'un parti pris ou d'un ciblage politique ayant porté atteinte à l'intégrité du processus parlementaire.
La nomination de Kethori Kendike au poste de vice-président a été confirmée.
Dans une autre partie de sa décision, la cour a confirmé la nomination de Kethori Kindiki au poste de vice-président de la République, rejetant les arguments fondés sur l'absence de commissaires de la Commission électorale indépendante et de délimitation des circonscriptions électorales lors du processus de succession.
Le tribunal a conclu que les procédures ayant mené à cette nomination avaient été menées légalement, conférant ainsi une pleine légitimité au maintien de Kendike à son poste de vice-président.
La cour a conclu que le droit de Regathi Gatchagua à un procès équitable avait été violé lors des audiences du Sénat, relevant des irrégularités de procédure qui ont affecté sa capacité à présenter pleinement sa défense.
La cour a expliqué que le refus du Sénat de reporter les audiences de destitution malgré l'absence de Gatchagua l'avait privé d'une possibilité suffisante de présenter sa défense, ce qui constitue une violation de ses droits constitutionnels.
En conséquence, le tribunal a statué que Gatchagua devait recevoir une compensation financière de 50 millions de shillings kenyans, à payer par le Sénat, tout en confirmant que cette violation n'était pas suffisante pour annuler le résultat de la procédure de destitution ou pour réintégrer Gatchagua à son poste.
Le confinement reste en vigueur malgré les compensations.
Cette décision signifie que Regathi Gatchagwa restera démis de ses fonctions de vice-président, malgré l'indemnisation financière qu'il a perçue pour violation de son droit à un procès équitable. La Cour a ainsi tranché l'une des affaires politiques les plus controversées du Kenya, confirmant la légalité de sa destitution tout en reconnaissant des irrégularités de procédure.



