Étape historique : le Sénat nigérian approuve le projet de loi sur la police d'État.
Projet de police d'État au Nigéria
Écrit par : Ayman Ragab
Le Sénat nigérian a approuvé mercredi un amendement constitutionnel visant à créer des forces de police d'État, une étape législative historique qui représente un progrès significatif dans le débat qui dure depuis des années sur la décentralisation des forces de police pour remédier à la détérioration de la situation sécuritaire du pays.
Le projet a été approuvé après discussion point par point de ses articles et obtention du soutien de plus des deux tiers des membres du conseil par un vote manuel dans la salle, après l'abandon du système de vote électronique en raison de problèmes techniques.
Le président du Sénat, Godswell Akpabio, a annoncé l'adoption du projet de loi après qu'une majorité de sénateurs a voté en sa faveur, suite à la présentation du rapport du Comité de révision constitutionnelle, présidé par le vice-président du Sénat, Barao Jeberin.
Créer une force de police dans chaque État
Le projet prévoit la création d'une force de police dans chaque État, qui opérera en parallèle avec la police fédérale, mettant ainsi fin au monopole du gouvernement fédéral sur la gestion du système policier.
En vertu de cet amendement, les gouverneurs des États ont le droit de nommer des commissaires de police dans leurs États, sous réserve de l'approbation des conseils législatifs locaux, tandis que l'inspecteur général de la police reste responsable de la direction des forces de police fédérales.

Le projet de loi confère également aux gouverneurs des États le pouvoir d'adresser des directives écrites aux commissaires de police concernant les politiques générales relatives au maintien de la sécurité et de l'ordre public dans leurs États.
Afin de réduire les inquiétudes concernant les abus de la police d'État, le projet de loi comprenait des dispositions interdisant le recours aux forces de police contre des individus, des partis ou des groupes critiquant le gouvernement, sauf conformément à la loi et à une procédure légale régulière, dans le but de protéger les libertés politiques et civiles.
Le vote manuel a été adopté.
Avant le vote, le Sénat avait décidé d'abandonner le système électronique et d'adopter le vote manuel afin de garantir la participation de tous les membres et d'éviter tout dysfonctionnement technique. Cette proposition, présentée par le chef de la majorité, Obeyemi Pamedili, a été appuyée par le président de la Chambre, qui a souligné que le vote à bulletin secret renforce la transparence et permet aux citoyens de connaître les positions de leurs représentants.
La session a réuni un certain nombre de hauts responsables, dont le gouverneur de l'État de Kaduna, Oba Sani, le gouverneur de l'État d'Ogun, Dabo Abiodun, le gouverneur de l'État d'Ondo, Laki Ayedatua, et le chef de cabinet du président Bola Tinubu, Femi Gbajabiamila.

L'adoption du projet de loi sur la police d'État est l'une des réformes constitutionnelles les plus importantes approuvées par le dixième parlement, mais elle doit encore suivre les procédures constitutionnelles, notamment l'approbation des conseils d'État, avant d'entrer en vigueur.
Les partisans du projet affirment que la création de forces de police étatiques contribuera à améliorer la réponse aux menaces sécuritaires locales et à lutter contre la montée des actes de terrorisme, de banditisme, d'enlèvements et d'affrontements communautaires, tandis que ses opposants mettent en garde contre la possibilité d'une instrumentalisation politique par les gouverneurs d'État contre leurs rivaux et opposants.



