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“La ” réinstallation des migrants » suscite l'indignation populaire en Libye

Migration irrégulière vers la Libye

Écrit par : Ayman Ragab

La scène libyenne est témoin d'un état de bouleversement populaire et politique suite à la montée en puissance du hashtag “Non à la localisation”Les plateformes de médias sociaux reflètent les inquiétudes croissantes des militants et des utilisateurs quant aux tentatives potentielles de transformer le pays, d'un point de transit temporaire pour les migrants irréguliers, en un lieu d'installation permanent pour ces derniers.

Accusations contre la commission et appels à manifester

Le mouvement ne s'est pas arrêté aux limites de l'espace numérique, mais s'est plutôt déroulé en parallèle avec des appels croissants à organiser des manifestations de protestation devant le siège du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés dans la capitale, Tripoli, et à exiger la fin de son travail à l'intérieur du pays, en condamnation de ce que certains considèrent comme son rôle suspect dans le dossier de la “ réinstallation ”.

La tension a atteint son paroxysme après la diffusion d'une déclaration attribuée à l'un des conseils sociaux, révélant que la commission se coordonnait avec les pharmacies et les commerces pour garantir l'accès à la nourriture et aux médicaments aux titulaires de cartes d'asile, ce que les utilisateurs de Twitter ont considéré comme une étape préliminaire à la légitimation d'un séjour permanent, ce qui a déclenché une vague massive de critiques.

Face à ce mouvement, le gouvernement est intervenu. Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Gouvernement d'union nationale a publié un communiqué affirmant suivre de près les flux migratoires irréguliers et leurs conséquences considérables sur la sécurité, l'économie, la santé et le bien-être social. Le ministère a réaffirmé sa ferme volonté de défendre les principes nationaux et son rejet catégorique de tout projet de réinstallation.

Avertissements du gouvernement

Tout en réaffirmant la déclaration constitutionnelle garantissant le droit des citoyens à la liberté d'expression pacifique, le ministère a mis en garde contre :

Se laisser influencer par des rumeurs et des appels incendiaires non documentés.

Toute pratique susceptible de menacer la sécurité nationale ou de nuire à la réputation de l'État.

Découverte des sièges des organisations internationales et des missions diplomatiques.

Pour sa part, le ministère du Travail et de la Réhabilitation du Gouvernement d'unité nationale s'est complètement distancié de ces spéculations, niant en détail l'existence de tout projet visant à installer des migrants ou à leur fournir des complexes de logements sous son égide, qualifiant ces informations de “ totalement infondées et dépourvues de tout fondement juridique ou factuel ”.

Le ministère a précisé que son rôle se limite exclusivement à la réglementation du travail des migrants par les voies légales, conformément à la loi n° 12 de 2010 relative aux relations de travail et à ses règlements d’application. Il a également indiqué que la question des migrants en situation irrégulière relève de la compétence exclusive des autorités de sécurité. Le ministère a par ailleurs insisté sur l’obligation pour les employeurs d’obtenir légalement les permis nécessaires, tout en accordant la priorité absolue aux ressortissants libyens qualifiés afin de préserver le marché du travail local.

L'identité nationale est une ligne rouge

Du côté législatif, la réponse a été ferme et décisive ; la Chambre des représentants a publié sa déclaration officielle n° (2) de 2026, dans laquelle elle a déclaré son rejet catégorique de tout plan, arrangement ou politique visant à installer ou à faire installer des étrangers sur le sol libyen, considérant ce dossier comme une question souveraine qui n'est pas sujette à compromis.

La déclaration du Parlement comprenait une analyse claire de la situation actuelle, mettant en garde contre les tentatives d'imposer un fait accompli qui affecte l'identité et la composition démographique à ce stade crucial, en s'appuyant sur un solide arsenal juridique national :

Le conseil a fondé sa décision sur la loi n° (24) de 2023 relative à la lutte contre l’installation d’étrangers en Libye.

Le communiqué souligne que la Libye ne supportera pas les coûts des politiques internationales et régionales et ne servira pas de terrain d'absorption des crises d'autrui au détriment de sa sécurité, de sa stabilité et de sa démographie.

Le Parlement a souligné que les efforts de développement de l’État doivent en priorité être orientés vers le citoyen libyen, notamment en matière d’autonomisation des jeunes par le logement, la création d’emplois et l’amélioration des services de base.

La Chambre des représentants a conclu sa déclaration en appelant tous les organes exécutifs, de sécurité et de contrôle à respecter strictement les dispositions de la loi n° (24) de 2023 et à s'opposer à toute initiative pouvant être interprétée comme un prélude à la réinstallation, soulignant que le pouvoir de décision reste exclusivement entre les mains du peuple libyen pour protéger l'avenir de son pays.

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