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Sous contrôle… Comment le Burkina Faso redessine-t-il la carte des richesses minières pour les soustraire aux entreprises étrangères ?

Les secteurs économiques les plus importants du pays

Écrit par Amna Hassan

Titre Burkina Faso Avec des mesures rapides visant à imposer un contrôle accru sur le secteur aurifère, l'un des secteurs économiques les plus importants du pays, une démarche qui reflète la vague croissante de “ souveraineté économique ” sur le continent africain.

Le gouvernement militaire dirigé par Ibrahim Traoré cherche à réduire l'influence étrangère dans un secteur d'activité évalué à environ 7 milliards de dollars, tout en développant la participation des entreprises publiques et locales dans l'exploitation des mines stratégiques.

Renforcer le contrôle local sur les mines d'or

Au cours des trois dernières années, les autorités du Burkina Faso ont profondément restructuré le secteur minier, après que des sociétés étrangères aient été les principaux acteurs de l'extraction de l'or et de la génération de profits pendant des décennies.

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Selon des rapports spécialisés dans les affaires minières, 6 des 15 mines d'or industrielles actives du pays sont détenues majoritairement par des entreprises burkinabè, tandis que 3 mines sont sous contrôle direct de l'État par le biais de la société minière d'État “ Supamip ”.

Ces transformations sont perçues comme une rupture nette avec le modèle traditionnel qui reposait sur la domination des sociétés multinationales, notamment face aux demandes croissantes de l'opinion publique africaine pour que les revenus tirés des ressources naturelles restent dans les pays producteurs.

Ibrahim Traoré brandit le slogan de la “ souveraineté économique ”

Depuis son arrivée au pouvoir, le président Ibrahim Traoré a placé les ressources naturelles au cœur de son discours politique et économique. Lors de l'inauguration du projet de raffinerie nationale d'or en 2023, il a affirmé que son pays ambitionnait d'“ extraire lui-même l'or ”, un message clair soulignant la volonté du gouvernement de bâtir une industrie minière nationale pleinement intégrée.

Ces derniers temps, les investisseurs locaux ont également fait une forte apparition, notamment l'homme d'affaires Inosa Kanazwe, dont le groupe, Soleil Resources International, a acquis plusieurs mines importantes, ce qui témoigne du rôle croissant des capitaux nationaux dans le secteur.

L'Afrique évolue vers un nationalisme des ressources

Cette politique ne se limite pas au seul Burkina Faso, mais reflète une tendance plus large en Afrique visant à renforcer le contrôle national sur les ressources stratégiques, notamment l'or et les minéraux rares.

Ces initiatives interviennent dans un contexte de compétition géopolitique mondiale croissante, et alors que les gouvernements africains cherchent à utiliser les revenus miniers pour financer des projets d'infrastructure, de production industrielle et de développement économique.

Les observateurs estiment que le succès du Burkina Faso dans ce domaine pourrait inciter d'autres pays africains à reconsidérer leurs anciens contrats miniers, assurant ainsi à ces pays une part plus importante de leurs ressources naturelles.

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