CurseurOpportunités d'investissement en Afrique

L’ambassadeur Iman Yaqout, dans une interview accordée à “ Zoom Africa News ” : Le Congo-Brazzaville est une terre d’opportunités prometteuses… et la sécurité et la stabilité sont essentielles à la coopération.

L'histoire égyptienne est enseignée dans les écoles du Congo-Brazzaville.

Interview réalisée par : Sally Atef

Dans le cadre de la volonté de l’Égypte de renforcer sa présence sur le continent africain, “ Zoom Africa News ” a mené une interview spéciale avec Iman Yaqout, ambassadrice de la République arabe d’Égypte au Congo-Brazzaville, au cours de laquelle elle a évoqué les principaux aspects des relations bilatérales entre les deux pays et sa vision de l’avenir de la coopération politique et économique.

L'ambassadeur a affirmé que le Congo-Brazzaville est un pays prometteur offrant de grandes opportunités dans les domaines de l'agriculture, de l'énergie et des infrastructures, soulignant que la sécurité et la stabilité dont jouit le pays constituent un facteur encourageant pour les investisseurs égyptiens.

Elle est également revenue sur son expérience d'ambassadrice à Brazzaville, expliquant qu'il existe un socle culturel et historique commun qui facilite la communication et ouvre de nouveaux horizons de partenariat, soulignant que l'avenir offre de vastes opportunités de coopération si les entreprises égyptiennes ont le courage de pénétrer le marché congolais.

Voici le texte du dialogue :

Quel est votre commentaire sur la cérémonie d'investiture du président congolais ? Et comment percevez-vous la participation égyptienne à cette cérémonie ?

Le Congo a été le théâtre hier de la cérémonie d'investiture du président pour son cinquième mandat, l'une des plus importantes organisées dans le pays depuis son entrée en fonction, puisqu'elle a réuni un grand nombre de chefs d'État africains, notamment de pays voisins, d'Afrique centrale et de l'Ouest, dont le président angolais, l'actuel et l'ancien président ghanéen, ainsi que les présidents du Rwanda, du Congo et de Kinshasa.

Des représentants de chefs d'État et de gouvernement de plusieurs pays ont également participé à cet immense rassemblement public, qui s'est tenu dans un stade pouvant accueillir environ 60 000 personnes, donnant ainsi à la célébration un caractère majestueux.

L'Égypte tenait à participer avec une délégation de haut niveau, représentée par l'ambassadeur Mohamed Karim Sherif, ministre adjoint des Affaires étrangères chargé des affaires africaines, ce qui a été très apprécié par la partie congolaise, d'autant plus que cela prolongeait la communication directe entre le président Abdel Fattah El-Sisi et son homologue congolais, à travers l'appel téléphonique du 29 mars pour le féliciter de la victoire, suivi d'un télégramme officiel de félicitations.

Cet intérêt égyptien s'est reflété positivement dans les médias congolais, tant officiels qu'auprès du public, qui ont perçu la volonté de l'Égypte de renforcer les relations bilatérales et de souligner son intérêt pour les pays d'Afrique de l'Est.

Comment percevez-vous les relations politiques et économiques ? Et quels sont les principaux enjeux entre les deux pays ?

Les dirigeants politiques égyptiens accordent une grande importance au renforcement des relations avec les pays africains frères dans divers domaines, notamment économiques, commerciaux et d'investissement.

La période à venir devrait être marquée par un développement accru du commerce et de la coopération dans les secteurs d'intérêt commun, notamment ceux qui sont vitaux pour l'Égypte.

Le Congo, pour sa part, souhaite développer ses relations avec l'Égypte, et la période récente a été marquée par des avancées positives dans ce sens, les deux pays ayant surmonté certains obstacles antérieurs, comme le dossier de l'UNESCO.

En décembre 2025, le ministre congolais des Affaires étrangères s'est rendu au Caire pour participer au deuxième Forum ministériel russo-africain et a rencontré son homologue égyptien, Badr Abdel-Aty, ce qui a contribué à rétablir les relations dans leur cours normal.

Sur le plan politique, des préparatifs sont en cours pour la tenue d'une réunion des hauts fonctionnaires des ministères des Affaires étrangères des deux pays au Caire, après l'achèvement de la formation du nouveau gouvernement congolais.

Des efforts sont également déployés pour organiser une réunion du Comité mixte égypto-congolais, et des travaux sont en cours pour finaliser un certain nombre de protocoles d'accord dans divers domaines, notamment la coopération entre les chambres de commerce, le secteur judiciaire, les petites et moyennes entreprises, ainsi que la coopération culturelle, certains accords étant encore en cours de négociation.

Sur le plan économique, l'Égypte souhaite renforcer la présence de ses entreprises au Congo, telles que Arab Contractors, très réputée pour les projets qu'elle met en œuvre dans la zone industrielle proche de la capitale, ainsi que Petrojet, qui a commencé à y établir son siège social après une précédente coopération avec la société italienne Eni.

La partie congolaise accorde une attention particulière au transfert de savoir-faire et tire profit de l'expérience égyptienne dans les domaines des infrastructures et des grands projets, ce qui ouvre la voie à une coopération accrue lors de la prochaine étape.

Quelles sont les principales opportunités d'investissement offertes aux Égyptiens au Congo ?

Le secteur agricole est l'un des domaines les plus prometteurs pour la coopération et l'investissement entre l'Égypte et le Congo, outre la pisciculture, qui revêt une grande importance.

Le secteur de l'énergie, notamment l'électricité et le gaz, est également un axe de coopération essentiel, en plus des projets d'infrastructure et portuaires.

La partie congolaise a récemment proposé l'idée d'une coopération entre l'un de ses ports et celui d'Alexandrie. Par ailleurs, le Congo, riche en ressources naturelles, offre de vastes opportunités d'investissement dans les secteurs de l'agriculture, de la pisciculture et de l'aviculture, ouvrant ainsi la voie à une coopération fructueuse.

Ces secteurs ont tout simplement besoin de plus d'audace de la part des entreprises égyptiennes pour pénétrer fermement le marché congolais, renforçant ainsi leur présence et permettant d'atteindre des intérêts communs aux deux parties.

Quel est le volume des échanges commerciaux entre les deux pays ? 

Le volume des échanges commerciaux entre l'Égypte et le Congo est actuellement faible, estimé à environ 30 millions de dollars, et se limite aux produits alimentaires de base. L'Égypte importe du Congo des produits tels que le pétrole et la canne à sucre, tandis qu'elle exporte du fer, des engrais et certains produits alimentaires, mais en quantités limitées.

Cette réalité souligne l'urgence de dynamiser les échanges commerciaux entre les deux pays, d'autant plus qu'il existe de nombreux domaines et outils dans lesquels investir pour renforcer la coopération commerciale et économique d'une manière qui serve les intérêts des deux parties.

Décrivez votre expérience en tant qu'ambassadeur d'Égypte au Congo.

Je peux affirmer que l'expérience a été très positive. Le pays possède un atout majeur : la sécurité, largement assurée. C'est un facteur essentiel pour l'investissement, le commerce et même la présence des Égyptiens.

La stabilité politique et sécuritaire qui règne ici inspire une grande confiance aux investisseurs souhaitant pénétrer le marché congolais.

Le pays est généralement paisible, compte une population d'environ 6 millions d'habitants et son système est stable, ce qui favorise les opportunités de coopération économique et commerciale.

Les Congolais de Brazzaville se caractérisent également par leur nature paisible. Malgré la diversité tribale, ils sont à l'abri des manifestations de violence, ce qui contribue à la stabilité sociale.

Sur le plan culturel, les Congolais valorisent et excellent dans l'artisanat et le travail du bois. La cuisine congolaise possède également une saveur distinctive ; je l'ai goûtée et elle fait la part belle aux légumes cuisinés en sauce. Parmi leurs plats traditionnels les plus emblématiques figure le “ saka saka ”, un plat semblable à des épinards en sauce, sans oublier les différentes préparations de poisson séché.

Malgré ces points positifs, des défis persistent, tels que des problèmes d'infrastructure, d'eau, d'électricité et de paludisme, qui sont des problèmes courants dans de nombreux pays africains et ne se limitent pas au Congo-Brazzaville.

Globalement, l'expérience reflète un environnement stable et sûr, offrant de belles opportunités de coopération et d'investissement, ainsi que des défis qui nécessitent des solutions progressives.

Souhaiteriez-vous envoyer un message aux Égyptiens intéressés par l'Afrique, que ce soit pour des voyages, des investissements ou du commerce ?

Le Congo-Brazzaville est un pays prometteur offrant de grandes opportunités de coopération et d'investissement. Riche en ressources naturelles, il possède un vaste potentiel dans de nombreux domaines, comme nous l'avons déjà évoqué.

Son principal atout réside dans la sécurité et la stabilité, facteurs très encourageants pour l'investissement et le commerce, et qui rassurent ceux qui souhaitent entrer sur le marché congolais en toute sérénité.

Le système politique y est stable depuis longtemps, ce qui renforce la confiance dans la pérennité de la coopération. Par conséquent, mon message aux Égyptiens intéressés par l'Afrique, que ce soit par le tourisme, l'investissement ou le commerce, est que le Congo-Brazzaville est une destination propice et prometteuse où une coopération fructueuse et bénéfique pour les deux parties peut être mise en place.

L’Égypte propose également des formations dans divers domaines, et la partie congolaise manifeste un vif intérêt pour celles-ci, ce qui ouvre de nouvelles perspectives de coopération en matière de renforcement des capacités et d’échange d’expériences.

Quelle est votre vision de l'avenir des relations avec l'Égypte dans les années à venir ? Y a-t-il une question particulière que vous souhaitez privilégier ?

Je crois que l'avenir de nos relations est très prometteur, malgré quelques périodes de difficultés que nous avons heureusement surmontées. Le fait que nous ayons pu les surmonter prouve notre capacité à coopérer et à faire progresser les projets économiques et d'investissement, d'autant plus que l'Égypte, vaste pays au riche patrimoine historique, y porte un vif intérêt.

Dans les écoles publiques d'ici, on enseigne l'histoire égyptienne et les élèves en ont une connaissance approfondie.

Lors de la cérémonie d'ouverture du Grand Musée Égyptien, organisée dans le cadre d'une semaine culturelle, nous avons projeté des films égyptiens traduits en français, ainsi que des films sur Siwa afin de promouvoir le tourisme en Égypte. Ces projections ont suscité un vif intérêt auprès des étudiants, tant universitaires que scolaires, car ils avaient déjà étudié l'histoire égyptienne.

Par le passé, de nombreux enseignants égyptiens étaient présents au Congo, et plusieurs des responsables que nous avons rencontrés se souviennent encore d'eux ; entendre leurs témoignages a été un geste fort. Cela confirme que la communication ne posera pas de difficultés, car il existe une base solide sur laquelle s'appuyer, se développer et se revitaliser.

Par conséquent, je vois l'avenir des relations comme très positif, et il faut simplement un peu d'audace de la part des entreprises égyptiennes, afin qu'elles puissent voir les opportunités et les avantages existants et en tirer parti.

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