La viande soudanaise est sur le point de connaître un essor considérable à l'exportation… une occasion en or de pénétrer les marchés du Moyen-Orient.
Plan gouvernemental visant à transformer le cuir issu des déchets en exportations stratégiques

Le Soudan possède l'un des plus grands cheptels d'Afrique, ce qui en fait un candidat sérieux pour devenir une plaque tournante régionale majeure pour l'exportation de viande rouge vers les marchés du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord.
Selon les estimations de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Soudan figure parmi les pays africains possédant le plus grand nombre de têtes de bétail, avec des dizaines de millions de vaches, de moutons et de chameaux, représentant une énorme base productive qui peut être employée de manière plus économique et efficace.
La richesse de son cheptel permet au Soudan de dominer le marché.
Le bétail soudanais se distingue par son élevage en plein air, dans des environnements naturels ouverts, et par sa dépendance aux pâturages naturels, ce qui confère à sa viande une qualité élevée, très recherchée sur les marchés arabes, notamment dans les pays du Golfe.

Des marchés comme l'Arabie saoudite, l'Égypte et les Émirats arabes unis sont restés parmi les principaux importateurs de viande et de bétail vivant soudanais au cours des dernières années.
Les données du ministère soudanais de l'Élevage et de la Pêche indiquent que la demande régionale de viande soudanaise est en constante augmentation, notamment en raison des difficultés logistiques rencontrées par les pays importateurs en provenance de marchés éloignés comme l'Amérique latine et l'Australie.
Les changements régionaux créent une opportunité rare
Dans ce contexte, le ministre soudanais de l'Élevage et de la Pêche, Ahmed Al-Tijani Al-Mansouri, a confirmé que le conflit régional au Moyen-Orient avait entraîné une forte hausse des prix de la viande, en raison des coûts élevés du transport et de l'assurance, ainsi que des difficultés d'importation en provenance d'Amérique latine. Il a appelé à tirer parti de cette situation exceptionnelle en simplifiant les procédures pour les exportateurs soudanais et en comblant les déficits sur les marchés régionaux.
Ces changements offrent au Soudan une opportunité importante de renforcer sa position de fournisseur géographiquement proche, moins cher et plus rapide pour ses marchés cibles.
Le plus gros problème, c'est le gaspillage de cuir.
Malgré ces perspectives prometteuses, le ministre a souligné une crise majeure dans le secteur du cuir, qui souffre de gaspillage, de négligence et de mauvaise utilisation, en raison d'une faible coordination entre les parties concernées et de méthodes d'abattage et de collecte inadéquates, entraînant des pertes de millions de dollars chaque année.

Il a expliqué que le gaspillage des peaux représente non seulement une perte économique, mais engendre également de graves problèmes environnementaux dus à ces déchets non utilisés.
Des déchets aux exportations stratégiques
Dans le plan stratégique du ministère, le secteur du cuir occupe une place importante, notamment grâce à :
-Cessez d'exporter des peaux brutes
- Développer la production locale de produits en cuir
-Création de marchés spécialisés pour les produits en cuir
-Établir des partenariats avec des cabinets de conseil internationaux
Commercialisation à l'étranger des produits en cuir soudanais
Ces mesures visent à transformer le cuir, d'un fardeau environnemental, en une ressource économique génératrice de devises, créatrice d'emplois et augmentant la valeur ajoutée des exportations soudanaises.

Conditions nécessaires pour stimuler les exportations de viande soudanaises
Les économistes agricoles estiment que pour réaliser une véritable percée dans les exportations de viande soudanaises, il faut :
-Développer des abattoirs conformes aux normes internationales
-Amélioration des chaînes du froid et du transport
- Renforcement du contrôle vétérinaire et des certifications de qualité
-Faciliter les procédures douanières pour les exportateurs
-Ouverture de nouveaux marchés par le biais d'accords bilatéraux
Soudan : entre potentiel et défis
Le Soudan possède tous les atouts pour devenir un acteur majeur du marché régional de la viande, mais le véritable défi réside dans la gestion, l'exploitation et l'efficacité. L'immense richesse de son cheptel ne suffit pas à elle seule ; il est indispensable de la gérer selon une vision intégrée des exportations, reliant les filières de la viande, du cuir et de la transformation.
Face à une demande régionale croissante et à la hausse des prix mondiaux, le moment actuel semble représenter une opportunité historique pour le Soudan de se repositionner comme source stratégique de viande et de produits carnés, à condition d'investir rapidement et efficacement dans ces facteurs.



