Raisons de l'absence des dirigeants du Sahel au Forum africain de l'eau
La tendance est à la réduction de la dépendance envers les institutions occidentales.
Écrit par Ziad Abdel Fattah :
L'absence des dirigeants des pays de l'Alliance du Sahel, qui comprend financier Le Burkina Faso et le Niger, concernant les travaux du Forum africain de l'eau qui s'est tenu dans la capitale tchadienne, N'Djamena, ont soulevé des questions sur les raisons de leur absence de participation au plus haut niveau, malgré l'importance de cet événement qui a réuni un certain nombre de dirigeants et de responsables africains et internationaux.
Cette évolution survient au moment où les pays de l'Alliance du Sahel continuent de remodeler leurs relations régionales et internationales en renforçant la coopération au sein de leur cadre confédéral, en se concentrant sur les questions de sécurité et de développement et en restructurant leurs partenariats extérieurs conformément à leurs priorités politiques.
La nature du Forum africain de l'eau est l'une des raisons
Les observateurs estiment que la nature du Forum africain de l'eau, organisé par le gouvernement tchadien en partenariat avec la Banque mondiale, pourrait être l'un des facteurs ayant contribué à cette absence, compte tenu de la tendance des pays de l'Alliance du Sahel à réduire leur dépendance vis-à-vis des institutions financières occidentales et à s'ouvrir davantage à de nouveaux partenaires, notamment la Russie et d'autres pays.
L’analyse de la scène politique indique que cette absence reflète une orientation stratégique adoptée par les pays de la coalition, qui consiste à privilégier le renforcement de la confédération entre ses membres et à se concentrer sur les questions de sécurité intérieure, compte tenu des défis auxquels la région est confrontée, plutôt que de s’engager intensivement dans les événements régionaux et internationaux.
Cette tendance est perçue comme faisant partie d'une politique menée par les gouvernements du Mali, du Burkina Faso et du Niger visant à renforcer le concept de souveraineté nationale, à réduire la dépendance à l'égard des cadres régionaux et internationaux traditionnels et à adopter une approche plus indépendante dans la gestion de leurs affaires politiques et sécuritaires.
Malgré l'absence de chefs d'État, les pays de l'Alliance n'étaient pas totalement absents du forum, participant par le biais de représentations diplomatiques et institutionnelles. Le Burkina Faso, par exemple, était représenté par le président de l'Assemblée législative de transition, le Dr Ousmane Bougouma, témoignant de l'intérêt constant des pays de l'Alliance pour les discussions continentales, même si leur niveau de représentation était inférieur à celui des chefs d'État.
Le ministère des Finances et la Banque mondiale avaient précédemment annoncé l’organisation du Forum africain de l’eau à N’Djamena les 15 et 16 juillet, avec la participation de décideurs, d’experts et de partenaires internationaux, afin de discuter de solutions durables à la crise de l’eau sur le continent.
Le ministre d’État aux Finances, Tahir Hamed Nguilin, a déclaré que le choix du Tchad pour accueillir le forum “ témoigne de la confiance des partenaires internationaux ”, soulignant que l’eau est “ une ressource vitale qui influe sur l’agriculture, l’énergie, la santé et l’environnement ”.
La Banque mondiale a annoncé la mobilisation de 160 millions de dollars pour le secteur de l'eau au Tchad et a salué le ” leadership ” des autorités tchadiennes dans ce domaine.
Ce forum vise à promouvoir la coopération africaine, à accélérer les investissements et à améliorer la gouvernance des ressources en eau.



